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Cybersécurité : Le Cameroun muscle son arsenal numérique grâce au PATNUC

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de son espace numérique. À l’occasion de la cérémonie officielle de rétrocession des infrastructures matérielles et logicielles du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun (PATNUC), l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) a reçu un important lot d’équipements destinés au renforcement de ses capacités opérationnelles en cybersécurité.

Financé par la Banque mondiale et piloté par le ministère des Postes et Télécommunications, le PATNUC s’inscrit dans la dynamique nationale visant à bâtir un cyberespace fiable, sécurisé et propice au développement de l’économie numérique. La présence du ministre lors de la cérémonie, organisée au siège de l’ANTIC à Yaoundé, a été perçue comme un signal fort de l’importance stratégique accordée à ce projet. Les équipements rétrocédés à l’ANTIC viennent répondre à des besoins critiques, dans un contexte marqué par une croissance rapide de l’usage d’Internet et, corrélativement, par une recrudescence des menaces cybercriminelles.

Le projet, inscrit dans la composante dédiée au renforcement des capacités des agences gouvernementales de sécurité des réseaux, a permis l’acquisition de serveurs de haute performance, de plateformes d’investigation numérique, de consoles de stockage, de stations de travail spécialisées ainsi que d’outils avancés de scan de vulnérabilités et de tests d’intrusion. Ces technologies de dernière génération offrent désormais à l’ANTIC la possibilité de détecter, analyser et neutraliser plus efficacement les tentatives d’intrusion, les failles de sécurité et les incidents cybernétiques affectant les infrastructures critiques nationales.

Les chiffres présentés à l’occasion de la cérémonie illustrent l’ampleur des défis auxquels l’ANTIC fait face. En 2025, plus de 32 500 réquisitions judiciaires ont été traitées, en hausse de 30 % par rapport à l’année précédente. Depuis 2024, plus de 8 500 vulnérabilités ont été identifiées lors des audits de sécurité, tandis que des milliers de faux comptes usurpant l’identité d’institutions et de hautes personnalités ont été démantelés sur les réseaux sociaux, en collaboration avec des plateformes internationales. À cela s’ajoute une volumétrie de données d’investigation estimée à près de 200 giga-octets par jour, nécessitant des capacités de stockage et de traitement toujours plus importantes.

Si l’acquisition de ces équipements constitue une avancée majeure, les autorités soulignent que la performance en cybersécurité repose également sur le capital humain. C’est dans cette optique que des projets complémentaires de formation des personnels de l’ANTIC et des administrations publiques ont été soumis dans le cadre du PATNUC. L’objectif affiché est clair : aligner le Centre de Réponse aux Incidents de Cybersécurité (CIRT) du Cameroun sur les standards internationaux, notamment ceux du FIRST, dont l’adhésion est en cours.

Malgré quelques retards liés aux contraintes réglementaires d’exportation de certains équipements sensibles, le projet est exécuté à près de 96 %. À terme, ces investissements devraient renforcer la confiance des citoyens, des entreprises, des investisseurs et des start-ups dans l’environnement numérique camerounais. Un pas décisif vers un cyberespace plus résilient, mieux protégé et pleinement au service de la transformation numérique du pays.

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