Eau potable : Avec un emprunt de 111,6 milliards FCFA, Yaoundé attend 285 000 m3 supplémentaires d’ici 36 mois
L'approvisionnement en eau potable dans la ville de Yaoundé va franchir un pas de plus, si l'on se réfère à la signature, le 13 février 2026, par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, de trois conventions de financement d'un montant de 111,6 milliards de FCFA avec trois banques étrangères.

Les fonds collectés auprès de ING Banque de Belgique (39,36 milliards de FCFA), Belfius Bank de Belgique (39,36 milliards de FCFA) et Deutsche Bank Italie (25,27 milliards de FCFA), vont servir à financer le Projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé.
Valoriser la ressource hydrique du Paepys
Présenté comme une excroissance du Projet d’approvisionnement en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (Paepys), dont la capacité installée est de 300 000 m³/jour, extensible à 400 000 m³/jour. Le projet de reconfiguration, exécuté en 3 lots distincts, devrait permettre au Cameroun de faire un pas de plus vers l’atteinte de l’ODD 6 d’ici 2030. Selon la fiche technique du projet, les objectifs principaux sont entre autres : de garantir l’absorption de 480 000 m³/jour (contre 300 000 m³/jour actuellement) provenant des stations de Batchenga (PAEPYS), Akomnyada et Mefou; de supprimer les rationnements et garantir une pression minimale de 1.5 bar en tout point du réseau; de réaliser 30 000 nouveaux branchements; de faire passer le rendement du réseau de 52 % à 75 % ; et enfin, d’augmenter la consommation spécifique des abonnés, accroître de 60 % le chiffre d’affaires de la Cameroon Water Utilities Corporation pour la zone de Yaoundé.
525 km de canalisations en plus
Au Cameroun, les données officielles indiquent que plus de 30 % de la population n’a toujours pas accès à l’eau potable. Au moment où viennent de se clore les travaux du 23 ème congrès international de l’association africaine de l’Eau et de l’Assainissement. La réalisation du Projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé constitue un véritable challenge pour les autorités camerounaises. En effet, le projet vise à transformer radicalement le paysage hydraulique de la capitale en renforçant l’offre en eau.
Selon une communication de la Camwater, les travaux sont répartis entre trois partenaires internationaux majeurs notamment : le Groupement belge PUTMAN / PHONIX ENVIRONNEMENT qui a hérité des lots 1 et 2.1. Ici la consistance des travaux se résume à la création de trois zones de distribution périphériques à savoir : Abomé (Sud) : avec la construction d’une station de pompage (1150 m³/h) et d’un réservoir (5000 m³) pour desservir Minkan, Odza, Abomé et le corridor Nsimalen.
Zibi Antenne (Sud-Ouest) via la construction d’une station de pompage (1450 m³/h) et d’un réservoir (4500 m³) pour Mendong, Simbock, Nomayos et Mbankomo.
L’on note également la construction à Minkoameyos (Ouest), d’un réservoir de 3750 m³ pour desservir les quartiers Oyomabang, Nkolbisson et Mbalngong. Dans le même ton, il est prévu la pose de 85 km de réseau (primaire et secondaire) dans les zones critiques telles que Etoudi, Mimboman, Nkomo, etc.). Et le remplacement des conduites vétustes en fonte grise et acier pour stopper les pertes d’eau.
Pour ce qui est du lot 2.2 confié au belge Entreprise ASPAC Technics. Il est question de renforcer et étendre le réseau avec la pose de 62 km de conduites (PVC, PEHD, Fonte) à Atemengue, Etoug-Ebe, Minkoameyos et Zibi Antenne ; la sécurisation du transfert (PAEPYS) notamment la ligne Etoudi-Nkoayos de 11,5 km de canalisation pour un diamètre de 1000 mm), la ligne Grande Mosquée-Messa d’un linéaire de 1,5 km de canalisation pour un diamètre de 800 mm.
Quant au dernier lot acquis par l’italien Entreprise GRUPPO ATURIA, ses réalisations porteront sur l’extension du réseau tertiaire à travers la pose de 300 km de conduites en PEHD sur l’ensemble du périmètre du projet, puis la fourniture de 30 000 kits complets de branchement.



