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Économie camerounaise : Les filières cacao et café tirent la croissance des entreprises, mais les services gardent l’avantage

Après une année 2023 atone, l’activité des entreprises au Cameroun a retrouvé de l’élan en 2024. Portée par un rebond marqué de l’agriculture et surtout des industries de transformation du cacao et du café, la hausse du chiffre d’affaires reste néanmoins dominée par la vigueur du secteur tertiaire, toujours au cœur du tissu économique national.

Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), les entreprises installées au Cameroun ont enregistré en 2024 une progression notable de leur chiffre d’affaires, rompant avec la quasi-stagnation observée un an plus tôt. Cette amélioration concerne l’ensemble des grands secteurs de l’économie : le primaire, le secondaire et le tertiaire. L’agriculture, en particulier, a joué un rôle moteur, grâce à la bonne tenue des cultures de rente. La remontée des prix internationaux et l’amélioration des volumes commercialisés ont permis à la branche agricole d’apporter une contribution positive à la croissance globale des recettes des entreprises.

Le secteur secondaire a connu l’une de ses meilleures performances de ces dernières années. Les industries liées au cacao, au café, au thé et au sucre se sont distinguées par une envolée spectaculaire de leurs revenus. Cette dynamique s’est accompagnée d’une progression dans d’autres segments industriels, notamment la chimie et la pharmacie, les travaux publics, ainsi que la transformation des céréales. L’extraction des hydrocarbures a également retrouvé des couleurs, profitant d’un contexte plus favorable sur les marchés.

La filière cacao symbolise cette montée en puissance industrielle. En 2024, le Cameroun s’est hissé parmi les principaux exportateurs mondiaux de produits dérivés du cacao. Les ventes de pâte et de beurre de cacao ont généré plusieurs centaines de millions d’euros de recettes, traduisant un positionnement inédit du pays sur les marchés internationaux. Ce résultat s’explique par l’entrée en scène de nouveaux opérateurs industriels et par l’extension des capacités de transformation des entreprises déjà implantées. Pour la première fois, la barre des 100 000 tonnes de fèves transformées localement a été franchie, signe d’une volonté affirmée de créer davantage de valeur ajoutée sur place.

Malgré ces performances industrielles, le secteur tertiaire conserve son statut de premier moteur de la croissance du chiffre d’affaires. Le commerce de gros, les télécommunications, les services aux entreprises et les activités financières ont affiché des hausses soutenues. Cette suprématie des services souligne la structure actuelle de l’économie camerounaise, où la création de richesse reste largement portée par les activités commerciales et de prestations.

En définitive, si l’agro-industrie confirme son potentiel et sa capacité à dynamiser les exportations, elle n’a pas encore renversé l’équilibre économique au profit du secteur productif. Le défi pour les années à venir consistera à consolider cette industrialisation naissante afin de réduire la dépendance vis-à-vis du tertiaire et d’ancrer durablement la croissance dans la transformation locale.

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