Éducation privée : Des capitaux camerounais misent sur l’école internationale avec Enko Capital
La filiale éducative du gestionnaire d’actifs Enko Capital vient de sécuriser un financement majeur pour étendre son réseau d’écoles en Afrique subsaharienne. Derrière l’opération, les entrepreneurs camerounais Alain et Cyrille Nkontchou confirment leur stratégie de bâtir un champion continental de l’enseignement international, à la croisée des besoins locaux et des standards mondiaux.
Le groupe spécialisé dans l’éducation internationale a bouclé, mi-février 2026, une opération financière de 46 millions de dollars, soit environ 25,5 milliards de FCFA. L’enveloppe comprend notamment un prêt de 12 milliards de FCFA accordé par la banque sud-africaine Standard Bank. Ces ressources doivent servir à accélérer l’ouverture de nouveaux établissements et à intégrer des écoles existantes dans un réseau structuré, doté de programmes harmonisés et d’outils pédagogiques communs.
La trajectoire affichée est ambitieuse. Le groupe vise près de 20 000 élèves d’ici 2029, contre un peu plus de 6 000 aujourd’hui. Pour les dirigeants, l’expansion ne se limite pas à une croissance géographique. Elle repose aussi sur l’acquisition d’écoles locales souhaitant rejoindre une plateforme continentale tout en conservant leur identité. Cette approche hybride permet de conjuguer ancrage territorial et modèle académique international, dans un marché africain où la demande pour des formations reconnues mondialement progresse rapidement.
Le réseau compte actuellement seize écoles réparties dans dix pays d’Afrique subsaharienne, dont le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Togo, la Zambie, le Botswana, le Mozambique et l’Afrique du Sud. Au Cameroun, l’intégration du complexe scolaire La Gaîté de Yaoundé illustre cette stratégie de consolidation. Elle place aussi l’offre nationale d’enseignement privé haut de gamme face à un acteur doté de financements internationaux et d’un modèle standardisé.
Le groupe met en avant des cursus préparant notamment au Baccalauréat international, afin de faciliter l’accès aux universités étrangères. Selon ses chiffres, plus de 80 % des diplômés auraient intégré plus de 600 établissements à travers le monde, parmi lesquels Sciences Po, l’University of Toronto, l’University of Cape Town ou la Hong Kong Polytechnic University. Cette promesse d’ouverture internationale s’accompagne d’un discours sur l’adaptation aux besoins économiques locaux, avec un accent mis sur l’analyse, la résolution de problèmes et l’autonomie des élèves.
L’opération de février 2026 prolonge une dynamique amorcée un an plus tôt, avec une entrée au capital d’investisseurs spécialisés dans l’éducation et l’impact en Afrique. Elle renforce la visibilité d’un capital entrepreneurial camerounais positionné sur un secteur stratégique : la formation des futures élites africaines. À travers ce pari, les fondateurs cherchent à installer un acteur durable, capable de concilier exigence académique, accessibilité relative et déploiement à grande échelle sur le continent.



