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Electricity Development Corporation : Près de 70 milliards FCFA pour renforcer le patrimoine énergétique

Réuni en sa 57e session ordinaire, le Conseil d’Administration, présidé par Victor A. Mengot, Ministre chargé de Mission à la Présidence de la République, a analysé les états financiers de l’exercice 2025 et fixé les orientations pour l’exercice 2026. Sur la foi du communiqué final ayant sanctionné les travaux, 28,2 milliards de FCFA seront consacrés aux investissements et à la gestion des projets ; 41,5 milliards FCFA serviront à rembourser les emprunts, gérer le fonctionnement et les équipements de l’entreprise, les dépenses d’exploitation des barrages réservoirs notamment Memve’ele et Lom Pangar.

Mbakaou, un modèle de souveraineté énergétique

288 MW d’énergie hydroélectrique et 111 MW d’énergie solaire, soit 400 MW d’énergie électrique au total, contre 250 à 300 MW initialement. Telle est finalement la quantité d’énergie que Electricity Development Corporation (EDC), la société publique de patrimoine du secteur de l’électricité au Cameroun, ambitionne de produire autour du barrage réservoir de Mbakaou, dans la partie septentrionale du pays, grâce à la construction de trois centrales. Selon les informations révélées lors d’une descente sur le terrain par le DG d’EDC, Théodore Nsangou, du 13 au 15 septembre 2025 à Mbakaou, une centrale hydroélectrique de 54 MW sera construite en amont du barrage, une autre de 234 MW en aval à 10 Km du barrage, ainsi qu’une centrale solaire d’une capacité de production de 111 MW.

À terme, le projet de Mbakaou vise à sécuriser l’approvisionnement du pays et particulièrement le Grand Nord en électricité, soutenir le développement économique régional et créer des emplois locaux et nationaux. Au-delà de sa portée nationale, cette infrastructure stratégique permettra également d’envisager à terme l’exportation de l’électricité vers le Tchad voisin et même vers le Nigeria, consolidant ainsi le rôle du Cameroun comme hub énergétique sous-régional.

À date, et en vue de la réalisation de ce projet, le 17 juillet 2024 à Yaoundé, EDC a confié les études de faisabilité à un consortium conduit par le cabinet français ISL. Pour l’heure, le conseil d’administration ainsi que l’entreprise se satisfont des « avantages stratégiques indéniables » que présente le projet. Notamment « la proximité immédiate du barrage réservoir de Mbakaou ; les impacts environnementaux et sociaux limités, grâce à l’infrastructure préexistante ; la proximité du poste RIS-RIN (Réseau interconnecté Sud-Réseau interconnecté Nord) de Tibati (environ 40 Km), crucial pour la distribution… Etc.

Précision : Même si le projet de Mbakaou va renforcer la prédominance de l’hydroélectricité dans le mix énergétique du Cameroun, celui-ci permettra également au solaire de monter en puissance dans le pays, avec une première centrale atteignant 100 MW de capacités. Les 400 MW attendus de ce projet rapprocheront davantage le Cameroun des objectifs que le gouvernement s’est fixé en matière de production de l’énergie électrique à l’horizon 2030.

Le barrage de Lom-Pangar pour éclairer 150 localités 

Le projet d’électrification de 150 localités dans la région de l’Est du Cameroun découle de la construction, au pied du barrage réservoir de Lom Pangar, d’une usine de production d’électricité d’une capacité de 30 MW. Cette centrale, qui débite la totalité de sa production depuis l’année 2024, est destinée à réduire considérablement les difficultés d’accès à l’électricité dans la région de l’Est. Freiné par un retard de financement, le projet affiche une évolution satisfaisante si l’on se réfère au communiqué de la 57e session ordinaire du conseil d’administration de EDC.

Déjà le 11 juillet 2025, le Conseil avait instruit la direction générale de poursuivre les discussions avec les bailleurs de fonds, notamment la BDEAC, pour finaliser à brève échéance les travaux d’électrification des 150 localités de la région de l’Est, ainsi que des travaux de construction des lignes hautes tensions 90 KV Bertoua-Abong Mbang et Bertoua- Batouri, ou le cas échéant, d’explorer en collaboration avec les administrations compétentes, d’autres possibilités en vue d’une restructuration du financement du projet.

Selon des sources proches du dossier, la BDEAC n’a à ce jour, débloqué qu’une partie du financement d’une vingtaine de milliards de FCFA octroyé au Cameroun dans le cadre de ce projet. « Dans l’immédiat, environ 3 milliards de FCFA suffiraient pour finaliser les travaux devant permettre à ces 150 localités d’avoir accès à l’énergie électrique produite à Lom Pangar », apprend-t-on.

Une situation financière toujours précaire malgré

Le 09 janvier 2026, le Directeur Général de l’entreprise, Dr Théodore Nsangou, a présenté un bilan financier positif. Derrière ces résultats satisfaisants, se cache une résilience sans faille et un contexte financier particulièrement difficile. En effet, depuis plusieurs années, la situation financière de l’entreprise pâtit à cause du non-paiement par Eneo, des droits d’eau des barrages-réservoirs du pays et des factures issues de la vente directe de l’électricité.

Selon le rapport 2022 de la CTR, au cours de l’exercice 2022, les factures y relatives sont estimées à 34,92 milliards de FCFA. De plus, ajoute le document, « les créances sur Eneo au titre de la redevance d’eau facturée depuis 2016 au 31 décembre 2022 s’élèvent à 48,7 milliards de FCFA ».

Bien que le bénéfice net de l’exercice 2023 soit ressorti à un peu plus de 12 milliards de FCFA. Qu’une année plus tard, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 141,7 milliards FCFA, un résultat brut avant impôts de 35,6 milliards FCFA et un résultat net de 20,5 milliards FCFA. La situation financière de EDC reste tout de même qualifiée de « précaire », au moment où l’Etat du Cameroun a annoncé en grande pompe la renationalisation de l’entreprise Eneo.

EDC, l’acteur légal pour la gestion d’Eneo

Avec le départ du fonds d’investissement britannique Actis, Electricity Development Corporation (EDC), le conseiller de l’Etat camerounais en matière énergétique devrait jouer un rôle clé dans la renationalisation de ce secteur névralgique. À la l’analyse du décret n° 2006/406 du 29 novembre 2006 portant création de cette entité publique, il est stipulé que Electricity Development Cameroon « peut également intervenir comme exploitant temporaire en cas de défaillance d’un opérateur ». D’ailleurs, avec le décret N°2020/245 du 04 mai 2020 portant approbation des statuts de la Société Electricity Development Corporation, l’entreprise voit ses missions étendues tout en conservant celles de base. Telles que définies dans son décret de création, au-delà de développer le secteur de l’électricité. Ses missions incluent la gestion du patrimoine public, la promotion des investissements, la construction et l’exploitation d’infrastructures électriques, ainsi que la surveillance des activités des opérateurs du secteur.

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