Énergie : Hors réseau, mais au cœur de la transition, 250 millions de dollars pour électrifier les zones oubliées d’Afrique
Alors que l’extension des réseaux électriques nationaux montre ses limites dans de vastes zones rurales d’Afrique subsaharienne, les solutions décentralisées gagnent du terrain. L’initiative Hardest-to-Reach, portée par le fonds Acumen, vient de franchir un cap décisif en bouclant une levée de fonds de 250 millions de dollars, destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les territoires les plus difficiles à desservir.

L’accès universel à l’électricité en Afrique subsaharienne se joue de plus en plus loin des lignes à haute tension. Dans les régions enclavées, où le raccordement au réseau public est coûteux ou techniquement complexe, les mini-réseaux solaires et les systèmes autonomes apparaissent comme des solutions pragmatiques. C’est sur ce créneau que s’inscrit l’initiative Hardest-to-Reach (H2R), lancée par Acumen, qui vient d’atteindre son objectif de mobilisation de 250 millions de dollars de capital mixte.
Le bouclage financier du fonds de dette H2R Amplify constitue l’élément central de cette annonce. Porté à 180 millions de dollars, ce véhicule d’investissement a bénéficié d’un nouvel apport de 7,8 millions de dollars de la Swiss Agency for Development and Cooperation. À ce socle s’ajoutent 18 millions de dollars de subventions, conçues comme des mécanismes de rémunération à l’impact pour encourager les opérateurs à intervenir dans des zones à faible rentabilité immédiate.
Selon Acumen, les financements mobilisés permettront de toucher près de 70 millions de personnes dans 17 pays d’Afrique subsaharienne. Parmi elles, environ 50 millions devraient accéder pour la première fois à l’électricité. Un chiffre qui illustre l’ampleur du déficit énergétique sur le continent, mais aussi le potentiel de transformation sociale et économique associé à ces projets hors réseau.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large. D’après l’Agence internationale de l’énergie, les investissements consacrés aux mini-réseaux et aux systèmes solaires autonomes en Afrique subsaharienne ont atteint 870 millions de dollars en 2023, en hausse de 20 % par rapport à 2019. Dans son scénario d’accès universel, l’AIE estime à 150 milliards de dollars les investissements nécessaires d’ici 2035, dont une part croissante dédiée aux solutions décentralisées.
Pour Acumen, le passage de l’intention aux capitaux effectivement engagés marque un tournant. En consolidant un écosystème de financeurs publics et privés autour d’objectifs d’impact mesurables, l’initiative Hardest-to-Reach entend démontrer que l’électrification des zones les plus reculées n’est plus un pari, mais une trajectoire crédible de développement.



