Énergie renouvelable : 46 milliards de dollars nécessaires pour électrifier les zones rurales d’ici 2030
Dans le cadre de l’initiative « Mission 300 », lancée pour élargir l’accès à l’électricité à 300 millions d’Africains, le déploiement de mini-réseaux représente une alternative prometteuse aux infrastructures classiques. Mais le défi financier reste colossal, avec près de 46 milliards USD à mobiliser d’ici 2030.

L’Afrique mise sur les mini-réseaux électriques pour accélérer l’accès à l’électricité, notamment dans les zones reculées où le raccordement au réseau national reste difficile. Selon les estimations de Bloomberg, relayant les calculs de Husk Power Systems et d’autres acteurs du secteur, environ 46 milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2030 pour que ces systèmes décentralisés contribuent efficacement à l’initiative « Mission 300 ». Lancée en janvier 2025 lors du Sommet africain de l’énergie à Dar es-Salaam, en Tanzanie, cette initiative portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement vise à électrifier 300 millions de personnes. La moitié de cette cible devra être atteinte via des solutions renouvelables décentralisées, comme les mini-réseaux et les installations solaires autonomes, l’autre moitié par le raccordement classique au réseau.
Le déploiement complet de ces mini-réseaux nécessiterait 28 milliards USD de financements par emprunt, 14 milliards USD en fonds propres et 4,6 milliards USD en subventions ou aides publiques. Ces besoins restent néanmoins inférieurs aux prévisions de la Banque mondiale publiées en 2023, qui évoquaient un investissement total de 91 milliards USD pour électrifier 380 millions de personnes grâce à 160 000 mini-réseaux.
Les entreprises privées s’activent pour répondre à ce marché prometteur. Husk Power, leader dans le domaine, prévoit de lever 150 millions USD en fonds propres et 250 millions USD en dette d’ici mi-2026 pour renforcer sa présence sur le continent. L’entreprise cible notamment Madagascar et la République démocratique du Congo, où elle bénéficie de subventions, comme celle de 500 000 USD apportée par l’ONG américaine Acumen.
La stratégie repose sur des systèmes hybrides combinant panneaux solaires, batteries et générateurs diesel de secours, déjà éprouvés au Nigeria pour électrifier des villages et petites entreprises. Husk Power a par ailleurs obtenu au Nigeria un financement de 5 millions USD de la Société financière internationale, avec l’appui du gouvernement canadien, ainsi qu’une facilité de dette renouvelable de 3,5 millions USD sur dix ans via United Capital Infrastructure Fund. Ces ressources permettront d’installer près de 28 750 nouvelles connexions, desservant environ 115 000 habitants et entreprises.
En 2024, la compagnie a déjà fourni de l’électricité à 1,5 million de personnes et plus de 30 000 petites entreprises en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. La combinaison d’investissements publics et privés, ainsi que le recours à des solutions hybrides et locales, illustre l’importance des mini-réseaux pour combler le déficit énergétique africain, tout en offrant un modèle moins coûteux et plus rapide à mettre en œuvre que les infrastructures traditionnelles. Le texte reformulé fait environ 3 000 caractères et conserve l’essentiel des informations, tout en donnant un angle journalistique clair avec surtitre, titre, chapeau, corps et sous-titres.



