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Exportations agricoles : Le café arabica camerounais séduit de nouveaux horizons

Lors de la campagne 2024-2025, l’arabica du Cameroun a trouvé preneur sur quatre marchés inédits. Une percée commerciale encourageante, même si les volumes restent limités et que la filière caféière continue de reculer à l’échelle nationale.

Le café arabica produit dans les hautes terres camerounaises élargit sa carte du monde. Selon le bilan de fin de campagne de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le Japon, Taïwan, la Turquie et le Soudan figurent désormais parmi les acheteurs. Cette diversification marque une étape symbolique pour une variété encore marginale dans l’offre nationale, mais recherchée pour sa qualité sur certains marchés spécialisés.

Parmi ces nouveaux débouchés, la Turquie s’impose déjà comme un partenaire de poids. Avec l’Allemagne et les États-Unis, elle concentre l’essentiel des expéditions d’arabica. À eux trois, ces marchés absorbent plus de quatre cinquièmes des exportations, illustrant une demande structurée autour de quelques pôles solides.

La progression des ventes repose toutefois sur une base étroite. La récolte nationale d’arabica a atteint 1 260 tonnes sur la campagne 2024-2025, soit une augmentation notable par rapport à l’année précédente. Cette variété reste cantonnée principalement aux régions du Nord-Ouest et de l’Ouest, où l’altitude et le climat offrent des conditions plus favorables. Malgré cette embellie, l’arabica demeure un produit de niche dans le paysage caféier camerounais, loin derrière le robusta en termes de volumes.

Le robusta continue de porter l’essentiel de la production. Sur la même période, les volumes ont dépassé les 10 000 tonnes, en légère progression annuelle. Les bassins du Littoral et de l’Ouest dominent toujours la récolte, mais l’ONCC signale une dynamique encourageante dans l’Est et l’Adamaoua, où la production et la commercialisation ont progressé.

Ces signaux positifs ne suffisent pas à masquer une tendance lourde : la caféiculture camerounaise décline depuis des années. Les objectifs fixés par le plan de relance adopté en 2014 restent hors d’atteinte. Les professionnels pointent l’impact du dérèglement climatique et le découragement des producteurs face à des prix jugés peu rémunérateurs.

Le contraste est saisissant avec les années 1990, lorsque le pays dépassait 130 000 tonnes de café. Aujourd’hui, la production nationale ne représente plus qu’une fraction de ce niveau. La conquête de nouveaux marchés pour l’arabica apparaît ainsi comme une lueur dans un ciel encore chargé, mais elle devra s’accompagner d’un redressement durable de l’offre pour transformer l’essai.

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