Filière d’exportation : Le café camerounais reprend de la hauteur portée par la flambée des prix
Après plusieurs campagnes en dents de scie, la production de café au Cameroun renoue avec la croissance. Tirée par des cours exceptionnellement élevés sur les marchés local et international, la filière montre des signes de redressement, même si le chemin vers les ambitions gouvernementales reste encore long.

La campagne caféière 2024-2025 marque un tournant pour le Cameroun. Selon les chiffres rendus publics mi-janvier 2026 par le ministère du Commerce, la production nationale de café s’est établie à 11 637 tonnes, enregistrant une progression de près de 10 % par rapport à la campagne précédente. Ce regain intervient après une chute sévère observée en 2023-2024, lorsque les volumes avaient plongé de plus d’un quart. À l’époque, la combinaison de conditions climatiques défavorables et de l’insécurité persistante dans le Nord-Ouest, l’un des principaux bassins de production, avait lourdement pénalisé les rendements, comme l’avait souligné l’Office national du cacao et du café (ONCC).
Si les autorités commerciales n’ont pas officiellement détaillé les ressorts de cette amélioration, l’évolution des prix s’impose comme un facteur clé. Tout au long de la campagne 2024-2025, les cours du café ont suivi une trajectoire ascendante. Le kilogramme d’arabica s’est négocié en moyenne autour de 2 854 FCFA, contre 2 375 FCFA un an plus tôt, tandis que le robusta a vu son prix grimper à 1 959 FCFA/kg, en hausse de plus de 30 %. Cette revalorisation a vraisemblablement incité de nombreux producteurs à intensifier les récoltes et à mieux valoriser leurs plantations, après plusieurs années de découragement.
Les perspectives demeurent encourageantes à l’orée de la campagne 2025-2026, dont l’ouverture est prévue le 19 janvier. À fin décembre 2025, l’Organisation internationale du café indiquait que le prix à l’exportation de l’arabica avoisinait 5 150 FCFA/kg, confirmant la tension sur le marché mondial. Malgré ce contexte porteur, le Cameroun reste en deçà de l’objectif officiel de 16 000 tonnes. Le gouvernement estime toutefois cet horizon atteignable à moyen terme. En mars 2025, lors d’une réunion du comité de pilotage du Projet de relance de la filière café (Parf-Café), le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, avait mis en avant le renforcement des champs écoles, destinés à améliorer les pratiques culturales et la qualité post-récolte. Entre embellie conjoncturelle et défis structurels, la filière café avance donc sur une ligne de crête, portée par les prix mais toujours dépendante des réformes de fond.



