Finance inclusive : Ecobank multiplie par près de trois ses financements aux entreprises féminines en Afrique
Le groupe bancaire panafricain Ecobank a fortement intensifié son soutien aux entreprises dirigées par des femmes en 2025. Portée par son programme Ellevate et plusieurs initiatives ciblant l’entrepreneuriat féminin, l’institution a presque triplé le volume de ses crédits accordés à ces entreprises, dans un contexte où le déficit de financement des femmes entrepreneures reste important sur le continent.

Le groupe bancaire panafricain Ecobank a enregistré en 2025 une forte progression des financements accordés aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes. Selon les données présentées lors de la publication de son rapport sur les initiatives de genre, le volume des prêts octroyés a atteint 780 millions de dollars, contre 265 millions de dollars un an plus tôt. Cette évolution représente une hausse de 194 % en un an, traduisant l’accélération des efforts de la banque en faveur de l’entrepreneuriat féminin sur le continent africain. L’annonce a été faite à l’occasion des activités liées à la Journée internationale des droits des femmes 2026.
Pour l’institution financière, les femmes entrepreneures constituent un moteur essentiel de la croissance économique africaine. Elles participent activement à la création d’emplois, au développement des chaînes de valeur locales et à l’amélioration des conditions de vie des ménages. Pourtant, leur accès au financement demeure limité. Ecobank estime que les entreprises dirigées par des femmes font face à un déficit de financement évalué à près de 42 milliards de dollars à l’échelle du continent.
Le programme Ellevate au cœur de la stratégie
Pour réduire cet écart, la banque s’appuie notamment sur son programme Ellevate, lancé en 2020 au plus fort de la crise sanitaire liée au Covid-19. Initialement conçu pour aider les entreprises féminines fragilisées par la pandémie, ce dispositif s’est progressivement transformé en une plateforme panafricaine d’accompagnement entrepreneurial. Aujourd’hui, le programme est déployé dans 26 pays couvrant l’Afrique de l’Ouest, du Centre, de l’Est et l’Afrique australe. Il rassemble plus de 103 000 femmes entrepreneures inscrites dans l’écosystème de la banque. Rien qu’en 2025, environ 21 000 nouvelles participantes ont rejoint l’initiative. Au-delà des financements, Ellevate propose également un accompagnement non financier. Plus de 24 000 entrepreneures ont ainsi bénéficié de formations, de mentorat ou d’un appui technique destiné à améliorer la gestion et la croissance de leurs entreprises.
Un accès élargi aux marchés africains
Ecobank cherche également à connecter ces entreprises à des opportunités commerciales plus larges. À travers son Centre de commerce du marché unique, la banque facilite la mise en relation entre entrepreneures et partenaires potentiels dans différents pays africains. L’objectif est de permettre aux entreprises dirigées par des femmes de dépasser les limites de leurs marchés nationaux et de s’inscrire dans une dynamique d’expansion régionale.
L’inclusion du secteur informel
La stratégie du groupe ne se limite pas aux entreprises formelles. Avec l’initiative MAMA, lancée au Ghana en 2024, Ecobank cible aussi les femmes opérant dans l’économie informelle. Le programme leur propose des crédits à conditions préférentielles, des solutions d’épargne adaptées et des conseils pratiques pour structurer leurs activités. Cette approche vise notamment à accompagner la formalisation progressive des petites entreprises et à constituer des historiques financiers leur permettant d’accéder, à terme, à des financements plus importants. À ce jour, plus de 10 000 entrepreneures informelles ont rejoint ce dispositif, dont plus de 2 000 ont déjà obtenu des financements subventionnés totalisant environ 1,8 million de dollars.
De nouvelles ambitions pour les prochaines années
Pour les années à venir, Ecobank prévoit d’étendre davantage ses programmes dédiés aux femmes entrepreneures sur l’ensemble de ses marchés africains. L’institution souhaite également renforcer l’accompagnement non financier, notamment à travers des outils numériques, des programmes de formation et des dispositifs facilitant la formalisation des entreprises. La banque entend enfin consolider ses partenariats avec les institutions de financement du développement et les investisseurs à impact afin de mobiliser davantage de ressources en faveur de l’entrepreneuriat féminin sur le continent.



