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Finance inclusive : La microfinance camerounaise se resserre mais distribue plus de crédits

Avec 385 établissements autorisés à opérer en 2026, le Cameroun reste le cœur battant de la microfinance en Afrique centrale. Malgré un léger repli du nombre d’EMF agréés, les volumes de crédits poursuivent leur progression, portés par une demande soutenue des ménages et des petites entreprises, tandis que la régulation se fait plus exigeante.

Au 31 décembre 2025, 385 établissements de microfinance disposent d’un agrément pour exercer durant l’année 2026, selon la liste officielle publiée par le ministère des Finances. Ce chiffre marque une baisse modérée par rapport à l’année précédente, mais confirme la place prépondérante du Cameroun dans la sous-région.

Les autorités expliquent cette publication par la nécessité de protéger les usagers contre les structures illégales, dont la prolifération menace l’épargne des ménages. Dans un pays où les banques restent peu présentes dans certaines zones rurales, les EMF constituent souvent la seule porte d’accès au crédit et aux services financiers de base.

Les données de la Commission bancaire de l’Afrique centrale indiquent que les EMF camerounaises ont accordé 659,4 milliards de FCFA de prêts en 2024, soit une augmentation d’environ 41 milliards en un an. Ce montant représente près de 58 % de l’ensemble du crédit de la microfinance dans la Cemac. À titre de comparaison, les volumes distribués au Cameroun dépassent largement ceux du Congo et du Gabon, illustrant la concentration du secteur dans le pays. Cette domination s’explique notamment par le poids économique national, qui regroupe près de 40 % du tissu industriel de la sous-région. Une base productive plus large alimente mécaniquement la demande de financement de proximité.

Cette dynamique s’accompagne toutefois d’un climat d’inquiétude pour les clients, marqué par des liquidations et des mises sous administration provisoire d’EMF ces dernières années. Pour les spécialistes, cette vague résulte moins d’un effondrement du secteur que d’un changement de méthode dans la supervision. Depuis la réforme engagée en 2015, la Cobac ne se limite plus à l’examen des ratios financiers. Les questions de gouvernance, de contrôle interne, de conformité et de gestion des risques sont désormais centrales. Après une phase d’adaptation étalée jusqu’en 2020, les inspections se sont intensifiées à partir de 2021, conduisant à l’exclusion des acteurs jugés insuffisamment structurés.

En toile de fond, l’objectif affiché par les régulateurs est l’assainissement durable d’un segment devenu essentiel au financement des petites activités économiques. Moins nombreux mais mieux contrôlés, les EMF sont appelés à jouer un rôle plus sûr et plus transparent dans la mobilisation de l’épargne et l’octroi de crédits.

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