Finance panafricaine : Afreximbank franchit un nouveau cap en 2025 avec 48,5 milliards $ d’actifs et garanties
Portée par la hausse de ses prêts, une rentabilité en progression et une trésorerie abondante, la Banque africaine d’import-export a clos l’exercice 2025 sur des indicateurs solides. L’institution, engagée dans le financement du commerce et de l’industrialisation du continent, confirme sa trajectoire ascendante malgré un environnement international tendu et des interrogations venues de certaines agences de notation.

Le Groupe Afreximbank a terminé l’année 2025 sur une performance financière robuste, consolidant son statut d’acteur majeur du financement du commerce africain. Selon les résultats publiés le 9 avril au Caire, le total des actifs et engagements conditionnels a atteint 48,5 milliards de dollars, en progression de 21 % sur un an. Cette dynamique a été principalement alimentée par l’expansion continue des financements accordés aux économies africaines et caribéennes. Les prêts et avances nets se sont établis à 33,5 milliards de dollars, contre 29 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 16 %. Ces ressources ont été orientées vers plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment l’industrie manufacturière, les infrastructures, la sécurité alimentaire et les projets d’adaptation climatique.
Sur le plan des revenus, la banque multilatérale a amélioré ses performances. Le produit brut a progressé à 3,5 milliards de dollars, contre 3,3 milliards en 2024. Plus marquant encore, le bénéfice net a bondi de 19 % pour s’établir à 1,16 milliard de dollars. Cette progression s’explique par l’élargissement des solutions de financement et de conseil proposées aux États et aux entreprises, dans un contexte où le commerce intra-africain et les besoins d’industrialisation restent importants.
Les charges d’exploitation ont certes augmenté, passant de 367,7 à 459,2 millions de dollars. La direction explique cette évolution par le renforcement des équipes, l’expansion des activités du groupe et les effets persistants de l’inflation mondiale. Malgré cela, l’efficacité opérationnelle demeure maîtrisée, avec un ratio coûts/revenus de 21 %, largement en dessous du plafond interne de 30 %.
L’un des signaux les plus scrutés reste la solidité du bilan. Sur ce volet, Afreximbank affiche une position confortable. Sa trésorerie et ses équivalents de trésorerie ont atteint 6 milliards de dollars, contre 4,6 milliards un an auparavant. Les actifs liquides représentent désormais 14 % du total du bilan, au-dessus du seuil stratégique minimum fixé à 10 %. Dans le même temps, les fonds propres ont progressé de 17 % à 8,4 milliards de dollars, soutenus à la fois par le résultat net et par près de 300 millions de dollars de nouveaux apports dans le cadre de la deuxième augmentation générale de capital. La qualité des actifs reste également stable. Le ratio des prêts non performants s’est maintenu à 2,43 %, un niveau contenu pour une institution exposée à plusieurs marchés émergents et à des environnements macroéconomiques parfois fragiles.
Autre fait marquant de l’exercice, la capacité du groupe à lever des ressources sur les marchés internationaux. En 2025, Afreximbank a mobilisé plus de 800 millions de dollars au Japon et en Chine à travers des émissions obligataires Samurai et Panda. Cette réussite intervient dans un contexte où certaines agences de notation avaient exprimé des réserves sur le profil de risque de l’institution. Pour la banque, cette opération constitue un signal fort de confiance des investisseurs et un témoignage de la crédibilité de son modèle multilatéral panafricain.
Pour la direction, ces résultats traduisent l’efficacité du sixième plan stratégique, qui arrive à échéance fin 2026. Le premier vice-président exécutif, Denys Denya, estime que le groupe aborde le nouvel exercice avec une base financière renforcée, des filiales désormais rentables, dont FEDA et AfrexInsure, et une marge de manœuvre suffisante pour accroître son impact.
Au-delà des chiffres, l’ambition affichée reste la même : accélérer l’intégration commerciale du continent, soutenir la mise en œuvre de la ZLECAf et renforcer l’autonomie économique africaine grâce à des instruments financiers innovants. Avec un rendement des fonds propres stable à 15 %, un ratio de solvabilité de 23 % et un bilan en expansion continue, Afreximbank semble ainsi conforter son rôle de locomotive financière dans la transformation structurelle des échanges africains.



