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Finances publiques : Un loyer doré qui plombe la SRC, selon la Chambre des comptes

Un audit de la Chambre des comptes met en lumière un contrat de location jugé excessif à la Société de recouvrement des créances. Entre charges immobilières lourdes, déficits récurrents et pratiques de gestion contestées, l’entreprise publique se retrouve sous le feu des projecteurs.

La Société de recouvrement des créances (SRC), détenue entièrement par l’État, occupe depuis plusieurs années un immeuble situé dans le quartier Bastos à Yaoundé. D’après les magistrats financiers, le loyer mensuel atteint 45 millions de FCFA, soit environ 540 millions de FCFA par an. Sur la durée du contrat de cinq ans, la dépense cumulée est évaluée à 2,7 milliards de FCFA. La Chambre des comptes estime que ce niveau de loyer dépasse largement les capacités financières de la structure et ne correspond ni à ses missions ni à ses moyens réels.

L’audit souligne que le contrat ne prévoit pas de sortie souple. Toute tentative de résiliation anticipée expose la SRC à de lourdes pénalités. Cette rigidité budgétaire est jugée dangereuse pour une entreprise dont les ressources restent limitées. En 2022, le chiffre d’affaires global s’élevait à environ 1,8 milliard de FCFA, ce qui signifie que la seule charge locative absorbait près du tiers des revenus annuels.

Les magistrats s’interrogent aussi sur l’abandon de l’ancien siège situé en centre-ville, un bâtiment appartenant à l’État. Pour eux, un déménagement ne se justifiait que dans le cas d’une acquisition en propre. Le passage à une location onéreuse dans un quartier résidentiel est qualifié d’option financièrement défavorable, ayant contribué à fragiliser la trésorerie de l’entreprise.

Au-delà du bail, la Chambre des comptes dresse un tableau sombre des finances de la SRC. Elle évoque des déficits cumulés dépassant deux milliards de FCFA sur plusieurs exercices, ainsi que des reports de charges jugés irréguliers. L’audit mentionne aussi l’octroi d’avantages indus à certains dirigeants et des écarts dans le reversement des sommes recouvrées au profit de l’État.

La directrice générale, en fonction depuis plus d’une décennie, est directement mise en cause pour ces dérives.

Pour la juridiction financière, le bail de Bastos symbolise une gestion inadaptée aux réalités de l’entreprise. En s’engageant dans une location aussi coûteuse, les responsables ont, selon elle, engagé la SRC dans une trajectoire financière périlleuse. Ce dossier relance le débat sur la gouvernance des entreprises publiques et sur l’exigence d’une meilleure discipline budgétaire dans l’utilisation des ressources de l’État.

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