A la UneFinances publiques

Finances publiques : Yaoundé teste à nouveau les marchés internationaux

Selon des informations attribuées à Bloomberg, le Cameroun aurait levé près de 750 millions de dollars fin janvier 2026 à travers une émission obligataire internationale. L’opération, encore non officialisée, s’inscrirait dans la stratégie d’endettement extérieur annoncée par les autorités pour l’exercice en cours, mais à un coût jugé élevé par plusieurs observateurs.

En fin janvier 2026, le Cameroun aurait procédé à une émission d’eurobonds d’un montant de 750 millions de dollars. Rapportée au taux de conversion implicite communiqué par le gouvernement en 2025, cette enveloppe représenterait environ 420,3 milliards de FCFA.

Le titre serait assorti d’une maturité de cinq ans et offrirait un rendement proche de 10,12 %. À ce stade, aucune communication officielle n’a confirmé ces éléments. L’information repose uniquement sur des sources proches du dossier citées par l’agence Bloomberg, ce qui invite à la prudence quant aux paramètres exacts de l’opération.

Cette émission supposée éclaire les intentions formulées par le gouvernement quelques mois plus tôt. En juillet 2025, l’exécutif avait annoncé son projet de mobiliser un important financement extérieur estimé à 650 milliards de FCFA en 2026, sans préciser le canal privilégié.

Le cadre juridique a été fixé par un décret présidentiel signé le 21 janvier 2026, autorisant le ministre des Finances à lever jusqu’à 1 650 milliards de FCFA sur les marchés domestiques et internationaux, dont 1 000 milliards auprès de partenaires extérieurs. Le recours à un eurobond constituerait ainsi une première traduction concrète de cette orientation.

Le taux de 10,12 % évoqué pour cette opération reflète un coût de financement élevé. En 2025, le contexte électoral avait conduit certains analystes à anticiper un report des sorties sur les marchés internationaux, afin d’éviter une prime de risque excessive. Comparé aux conditions obtenues récemment par d’autres pays africains, notamment le Bénin ou la Côte d’Ivoire, souvent présentés comme ayant des profils macroéconomiques comparables, ce niveau de rendement souligne la perception de risque attachée à la signature camerounaise.

Si l’opération se confirme, elle marquerait un jalon important dans la politique d’endettement du pays, tout en ravivant le débat sur la soutenabilité et le coût de la dette extérieure.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page