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Flux financiers illicites : Le Cameroun muscle son dispositif de sanctions financières avec l’appui du FMI

À Yaoundé, une session de formation réunissant les membres de la Commission nationale consultative sur le gel administratif marque une nouvelle étape dans la stratégie camerounaise contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Soutenue par le Fonds monétaire international, l’initiative vise à rendre pleinement opérationnel un mécanisme clé exigé par le Groupe d’action financière pour sortir le pays de la liste grise.

Depuis le 23 février 2026, les membres de la Commission nationale consultative sur le gel administratif participent à un atelier intensif consacré aux sanctions financières ciblées. Créée pour répondre aux standards internationaux, cette structure a pour mission d’identifier, de désigner et de faire geler sans délai les avoirs de personnes ou d’entités impliquées dans le financement du terrorisme ou la prolifération d’armes de destruction massive. Cette démarche s’inscrit dans le plan d’action adopté par le Cameroun après son inscription sur la liste grise du GAFI en 2023. Le pays avait alors été jugé insuffisamment préparé à appliquer efficacement la recommandation relative aux sanctions financières ciblées.

Les autorités soulignent que plusieurs bases ont déjà été posées. Un règlement communautaire a fixé le cadre des sanctions financières ciblées au sein de la CEMAC, et la Commission camerounaise a été officiellement installée en 2025. Une plateforme numérique permet désormais la diffusion des listes de personnes sanctionnées. Toutefois, l’enjeu reste la mise en pratique quotidienne. « Il ne suffit pas d’avoir des textes, il faut savoir repérer les cibles, constituer les dossiers et déclencher rapidement le gel des avoirs », résument les organisateurs de la formation.

Le représentant du Fonds monétaire international a rappelé que l’objectif de la session est de fournir des outils concrets : procédures d’identification, coordination entre administrations, articulation avec les secteurs financier et non financier, et application immédiate des résolutions des Nations unies. Cet accompagnement technique doit permettre d’aligner le dispositif national sur les normes internationales et d’améliorer la crédibilité du système camerounais de prévention et de répression des flux illicites.

Selon les dernières évaluations, seules une partie des actions exigées par le GAFI ont été pleinement mises en œuvre. Le pays s’est fixé l’échéance de fin 2026 pour sortir de la surveillance renforcée. Pour l’Agence nationale d’investigation financière, la Commission joue un rôle central : centraliser les listes internationales, établir des listes nationales et recommander, le cas échéant, des sanctions administratives en dehors des procédures judiciaires.

Au-delà de la conformité réglementaire, l’enjeu est aussi économique. Une sortie de la liste grise améliorerait l’image du Cameroun auprès des partenaires financiers et des investisseurs. La formation de Yaoundé apparaît ainsi comme une pièce stratégique d’un puzzle plus large : bâtir un rempart crédible contre la criminalité financière et restaurer la confiance dans le système national de contrôle.

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