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Fraude à l’électricité : Le gouvernement camerounais mobilise les associations de consommateurs pour renforcer la riposte

Face à l’ampleur des pertes financières et des risques sécuritaires liés aux branchements illégaux, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a engagé une concertation avec les associations de consommateurs. Objectif : préparer une intensification des opérations de contrôle sur l’ensemble du territoire et renforcer la sensibilisation des usagers.

La lutte contre la fraude à l’électricité entre dans une nouvelle phase au Cameroun. Réuni le 12 mars 2026 à Yaoundé avec les organisations de défense des consommateurs, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présenté les grandes lignes d’une opération nationale destinée à combattre les pratiques frauduleuses dans le secteur électrique. Cette rencontre, qui s’est tenue dans l’enceinte de l’immeuble ministériel n°1, a rassemblé les principaux acteurs du secteur, notamment Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (Arsel), ENEO et SONATREL, ainsi que plusieurs associations représentant les consommateurs. Elle intervient dans le prolongement des « opérations coup de poing » annoncées par le gouvernement au début du mois de février. Leur déploiement est attendu à partir du 16 mars prochain dans toutes les régions du pays.

Au cœur des échanges, l’impact économique de la fraude sur l’équilibre du secteur. Selon les estimations présentées par le ministère, les branchements clandestins, les manipulations de compteurs et autres pratiques illégales entraîneraient chaque année près de 60 milliards de francs CFA de manque à gagner. Pour les autorités, ces ressources perdues représentent autant d’investissements qui ne peuvent être réalisés pour moderniser les infrastructures électriques. L’entretien des réseaux, le remplacement des transformateurs ou encore l’extension des lignes de distribution figurent parmi les projets directement affectés par ces pertes. Cette situation contribue à fragiliser la performance globale du système électrique national, déjà confronté à des besoins croissants en matière de production et de distribution d’énergie.

Au-delà de l’aspect financier, les autorités alertent également sur les conséquences techniques et sécuritaires de ces pratiques. Les installations illégales, souvent réalisées sans respect des normes, provoquent régulièrement des surcharges sur les équipements du réseau. Ces dysfonctionnements peuvent entraîner des coupures d’électricité qui pénalisent les abonnés réguliers. Dans certains cas, les branchements anarchiques sont aussi à l’origine d’accidents graves, voire mortels. Les pouvoirs publics rappellent ainsi que la régularisation auprès des services compétents reste la seule voie sûre et légale pour accéder à l’électricité.

Le ministre a par ailleurs dénoncé l’existence de réseaux informels spécialisés dans la manipulation des installations électriques. Dans plusieurs localités, des individus se présentent comme des intermédiaires capables de fournir illégalement de l’électricité ou de modifier les compteurs contre rémunération. Ces pratiques, qualifiées de système organisé par les autorités, exposent les usagers à des sanctions et à des dangers importants. Le gouvernement entend donc renforcer les contrôles et poursuivre les auteurs de ces fraudes.

Les organisations de consommateurs présentes à la rencontre ont exprimé leur soutien aux mesures annoncées. Elles se sont engagées à relayer auprès des populations les messages de sensibilisation sur les dangers et les conséquences de la fraude. Pour le ministère, l’implication de ces acteurs est essentielle pour changer durablement les comportements et promouvoir une utilisation responsable de l’énergie. Les autorités espèrent ainsi instaurer une dynamique collective permettant de protéger les infrastructures électriques et de consolider la stabilité du réseau national, considéré comme un levier central du développement économique du Cameroun.

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