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Géopolitique : Trump lance la course à la canonnière

La conférence de presse de Donald Trump, le 03 janvier 2026 à Mar-a-Lago vient de jeter en déni le droit international et l'autodétermination des peuples. Dans un contexte où les appétits s'aiguisent, les velléités impérialistes refont surface, en indiquant que le cas Maduro va se répéter avec d'autres dirigeants dans le monde. Les États-Unis n'ouvrent-il pas la voie à l'escalade ?

Déterminés à remettre leurs pays respectifs sur le chemin de la croissance, le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui forment l’Alliance des États du Sahel, ne deviendront-ils pas des cibles pour celui qui prône la politique du America First ? À quoi pourraient s’exposer l’Afrique Centrale où se sont réfugiés les plus vieux Chefs d’Etats encore en fonction ? La Chine ne se sentirai pas plus engagée à envahir Taïwan ? La Russie ne va-t-elle pas accentuer la pression sur son voisin Ukrainien ?

Malgré les multiples condamnations à l’échelle internationale, l’opération militaire américaine contre le Venezuela est un basculement géopolitique majeur. Aussi détestables soient les prochains gouvernements à renverser, les précédents montrent que les changements de régime ne mènent ni à la démocratie, ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature. Qu’on se réfère à la situation de l’Irak ou de la Libye. « En se mettant volontairement et indiscutablement hors du droit international, en violant la charte et l’esprit des Nations Unies. Washington légitime les changements de régime par la force. Un acte lourd de conséquences pour l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale », assurent les spécialistes des relations internationales.

Dans la volonté inouïe de Washington de stabiliser le continent latino-américaine, l’arrestation de Nicolás Maduro consolide une rupture nette dans la politique américaine à l’égard du Venezuela, mais aussi imprime la marque de l’agression extra frontalière comme un modèle de gouvernance mondial. Si les spécialistes de l’histoire militaire révèlent que l’opération américaine a été préparée depuis fort longtemps, notamment en raison de pression diplomatique, économique et politique sur Caracas. Une pression qui s’est manifestée par un blocus maritime, le déploiement de la flotte américaine et l’intensification de la lutte contre les narcotrafics.

Un possible rendez-vous de l’Afrique avec l’histoire

En Afrique par exemple, plusieurs observateurs redoutent le même scénario et mettent en avant plusieurs faits. Au plan économique, début 2025, Donald Trump a imposé des droits de douane élevés à de nombreux pays africains, taxant ces pays avec des taux allant de 15 % à 30 % pour des nations comme l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria, et même 50 % pour le Lesotho.

 Au plan sécuritaire, le dernier épisode en date au Nigeria semble exprimé la volonté des États Unis d’imposer son diktat dans le monde. Le 26 décembre 2025, le président américain Donald Trump a annoncé que son armée avait mené une « attaque puissante et meurtrière » contre le groupe État islamique (EI) dans le nord-ouest du Nigeria.

Dans une publication sur Truth Social, Trump a qualifié l’EI de « racaille terroriste », l’accusant « d’attaquer et d’assassiner brutalement, principalement, des chrétiens innocents ». Tout en affirmant que les forces armées américaines « ont mené de nombreuses attaques parfaites », sans fournir plus de détails. L’américain s’était même fendu d’un autre message des heures plutard, « Sous ma direction, notre pays ne permettra pas au terrorisme islamique radical de prospérer ».

À en croire une source diplomatique ayant l’anonymat, les États Unis font usage d’une approche méthodique pour agir, mêlant quelquefois un angle diplomatique. À ce titre, le 23 décembre 2025, l’administration Trump a demandé le départ anticipé d’une trentaine d’ambassadeurs à travers le monde, dont quinze en poste en Afrique. Selon la presse américaine, les intéressés ont été informés directement, avec une échéance fixée à la mi-janvier 2026 pour quitter leurs fonctions. Les pays africains touchés par cette mesure sont nombreux et stratégiquement variés : Algérie, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Égypte, Gabon, Madagascar, Maurice, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Somalie et Ouganda.

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