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Glencore–Rio Tinto : Le mariage repoussé, mais l’idée persiste

Après plusieurs semaines de rumeurs et de discussions exploratoires, Rio Tinto a mis fin à l’hypothèse d’un rapprochement avec Glencore. Officiellement, les conditions ne permettaient pas de créer suffisamment de valeur. Officieusement, le dossier reste sensible… et récurrent.

Le 5 février, Rio Tinto a tranché. Le groupe anglo-australien a annoncé qu’il ne poursuivrait pas les discussions engagées avec Glencore en vue d’une éventuelle fusion. Cette décision intervient à l’expiration du délai réglementaire imposé par le droit britannique, qui obligeait Rio Tinto à clarifier ses intentions après l’annonce de pourparlers préliminaires en janvier. Les dirigeants de Rio Tinto estiment qu’aucune proposition acceptable n’a pu être construite pour satisfaire leurs actionnaires. Glencore, de son côté, juge que les termes envisagés minimisaient sa contribution réelle au futur ensemble, notamment en matière d’actifs et de performance opérationnelle.

Si l’opération avait abouti, elle aurait donné naissance à un colosse minier pesant plus de 200 milliards de dollars, actif dans le fer, le cuivre et le charbon. Une telle entité aurait pu rivaliser avec BHP, leader mondial du secteur. Mais les marchés financiers ont accueilli l’échec des discussions sans enthousiasme, les deux titres reculant à l’annonce de l’abandon du projet. Au-delà des chiffres, l’enjeu était stratégique : renforcer la présence sur les métaux clés pour la transition énergétique, à commencer par le cuivre, devenu indispensable aux réseaux électriques et aux technologies vertes.

L’histoire n’est pas nouvelle. En 2014 déjà, Glencore avait tenté d’approcher Rio Tinto pour une fusion, sans succès. Dix ans plus tard, le même scénario se répète, avec des discussions exploratoires menées fin 2024, restées informelles. Cette répétition souligne l’attrait théorique d’un rapprochement, mais aussi la difficulté de le concrétiser. Les deux groupes disposent d’activités complémentaires, notamment dans le cuivre, métal stratégique pour les décennies à venir. Ensemble, ils pourraient bâtir un portefeuille diversifié géographiquement et technologiquement.

Malgré ces atouts, les obstacles sont nombreux. Les cultures d’entreprise diffèrent profondément : Rio Tinto privilégie une gouvernance très structurée, tandis que Glencore cultive une approche plus flexible et commerciale. À cela s’ajoutent les risques réglementaires liés à une concentration accrue dans certaines filières. Pour l’instant, la fusion est enterrée. Mais pas l’idée. Tant que la demande mondiale en métaux critiques restera élevée, l’hypothèse d’un rapprochement continuera de planer au-dessus des deux groupes. Dans l’industrie minière, certaines histoires refusent de disparaître.

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