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GPL : Bipaga, un rempart local contre l’hémorragie de devises

En renforçant la production nationale de gaz de pétrole liquéfié, le site de Bipaga, exploité par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), s’impose comme un levier stratégique pour le Cameroun. En 2023, ses performances ont permis de réduire les importations, d’alléger la subvention publique et de soutenir les réserves de change, dans un contexte régional sous tension.

Au cœur de la région du Sud, Bipaga a joué en 2023 un rôle discret mais décisif dans l’économie camerounaise. Selon les données publiées par la SNH, la transformation locale du GPL a permis d’éviter pour près de 25,6 millions de dollars d’importations sur un an, soit environ 14 milliards de FCFA de sorties de devises en moins. Un apport loin d’être anodin alors que la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) constate, depuis 2023, une érosion progressive des réserves de change de la Cemac. Dans cet environnement contraint, chaque tonne produite localement agit comme un coussin contre la dépendance extérieure.

L’impact de Bipaga ne se limite pas à la balance des paiements. La montée en régime du site a également profité aux finances publiques. Toujours selon la SNH, la production locale a généré 2,236 milliards de FCFA d’économies sur la subvention accordée au GPL. Ces gains sont liés à la forte disponibilité des installations, avec un taux d’exploitation de 98,41 % sur l’année. Les opérations n’ont été interrompues qu’une seule semaine, dédiée à la maintenance préventive, traduisant une maîtrise technique accrue.

En 2023, Bipaga a livré 34 699 tonnes de GPL, contre 28 677 tonnes l’année précédente, soit une progression de près de 21 %. Il s’agit de la deuxième meilleure performance depuis la mise en service du site en 2018. La SNH attribue cette dynamique à l’amélioration des procédés de traitement du gaz provenant de nouveaux puits, qui a permis d’augmenter les volumes sans incident majeur, renforçant la fiabilité industrielle du site.

Malgré ces avancées, le GPL consommé au Cameroun reste majoritairement importé. En 2023, les importations ont représenté plus de 83 % d’un approvisionnement total de 208 083 tonnes, en hausse de 14,14 %. Bipaga n’a couvert que 16,68 % des besoins nationaux, proportion qui atteint 20,47 % si l’on exclut les volumes exportés vers le Tchad. La consommation domestique, estimée à 170 220 tonnes, continue de croître plus vite que les capacités locales.

L’écart persistant entre la demande et la production souligne les limites actuelles du dispositif. Toutefois, la trajectoire de Bipaga laisse entrevoir une montée en capacité progressive. Pour la SNH, le défi est désormais clair : consolider les gains opérationnels, accroître la valorisation du gaz local et réduire, à terme, l’exposition du Cameroun aux chocs internationaux sur les prix et les devises. Dans cette équation, Bipaga apparaît déjà comme une pièce maîtresse du puzzle énergétique national.

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