Grand-Zambi : Un pool bancaire mobilise plus de 41 milliards FCFA pour lancer la mine de fer
Cinq établissements financiers camerounais ont reçu l’aval de la banque centrale pour lever 41,2 milliards de FCFA en faveur du projet minier de Grand-Zambi, dans la région du Sud. Ce financement, destiné à l’entreprise G-Stones Resources, doit soutenir l’entrée en production d’un gisement aux réserves estimées à 150 millions de tonnes.

Le projet d’exploitation du fer de Grand-Zambi franchit une étape décisive. Un consortium composé d’Afriland First Bank, CBC, CCA Bank, BGFI Bank Cameroun et UBA a été autorisé à mobiliser 41,2 milliards de FCFA pour financer les travaux miniers. Ces ressources seront refinancées auprès du « guichet B » de la Banque des États de l’Afrique centrale, un mécanisme dédié aux investissements productifs dans la Cemac.
La décision a été entérinée lors de la session du Comité de politique monétaire tenue à Yaoundé en décembre 2025. La BEAC a toutefois assorti son appui de conditions strictes, notamment l’augmentation de l’apport propre du promoteur et l’affectation exclusive des fonds à la construction et à l’exploitation de la mine.
Un tour de table dominé par Afriland et BGFI
Dans la répartition des contributions, Afriland First Bank se positionne comme chef de file avec 16,5 milliards de FCFA. Elle est suivie par BGFI Bank Cameroun qui injecte 8,1 milliards. UBA et CBC participent respectivement à hauteur de 6,6 et 5,7 milliards, tandis que CCA Bank complète l’enveloppe avec 4,1 milliards. Ce financement couvre environ 60 % du coût global du projet, évalué à près de 69 milliards de FCFA, hors besoins en fonds de roulement.
Des réserves importantes et une production ciblée
Le permis d’exploitation, valable 14 ans, est détenu par G-Stones Resources, contrôlée par l’homme d’affaires Dieudonné Bougne. Les réserves certifiées atteignent 150 millions de tonnes avec une teneur moyenne proche de 30 %. L’objectif industriel est de produire chaque année 1,3 million de tonnes de concentré de minerai de fer destiné à l’exportation. La société affirme déjà disposer de 600 000 tonnes de minerai brut stockées sur le site, en attente d’enrichissement.
Kribi, porte de sortie vers l’international
Les premières expéditions sont attendues via le port en eau profonde de Kribi, malgré l’absence d’un terminal minéralier dédié. Les responsables du Port autonome de Kribi assurent que les infrastructures existantes peuvent absorber les volumes initiaux. Selon eux, l’extension récente des capacités portuaires, notamment avec le deuxième terminal à conteneurs, offre une marge suffisante pour accompagner les débuts du projet minier. Avec ce montage financier et des débouchés logistiques identifiés, Grand-Zambi pourrait devenir l’un des nouveaux pôles de l’industrie extractive camerounaise, dans un contexte où le pays cherche à mieux valoriser ses ressources minières.



