Inclusion numérique : Le Sénégal mise sur le satellite pour connecter les zones oubliées dès 2026
Face aux limites des réseaux terrestres et à la persistance de la fracture numérique, le Sénégal prépare un virage technologique. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé le déploiement d’antennes satellitaires à partir de 2026, un projet destiné à offrir un accès gratuit à Internet à près d’un million de personnes, principalement dans les zones rurales et périurbaines.

Malgré des investissements soutenus dans les infrastructures télécoms, une large partie de la population sénégalaise reste en marge de la connectivité numérique. Si la couverture mobile progresse, l’usage réel d’Internet demeure limité, notamment hors des grands centres urbains. C’est pour répondre à ce décalage que les autorités sénégalaises envisagent désormais les solutions satellitaires comme un levier stratégique. Lors de son adresse à la nation à la fin de l’année 2025, le chef de l’État a confirmé la mise en œuvre, dès 2026, d’un programme d’antennes satellitaires. L’objectif affiché est clair : accélérer l’accès universel au numérique, sans attendre le déploiement complet et coûteux de la fibre optique sur l’ensemble du territoire.
Selon une étude récente de la GSMA, le Sénégal bénéficie déjà d’une couverture 4G couvrant la quasi-totalité de la population, tandis que la 5G reste concentrée dans les grandes agglomérations. Pourtant, moins de la moitié des Sénégalais utilisent effectivement l’Internet mobile haut débit. Ce paradoxe s’explique par des contraintes économiques, géographiques et parfois techniques, qui limitent l’appropriation des services numériques. Les constellations satellitaires en orbite basse apparaissent ainsi comme une alternative rapide et flexible, capable de desservir des zones difficiles d’accès, sans lourds travaux d’infrastructures terrestres.
L’impact attendu de ce projet dépasse la simple connectivité. Dans le secteur éducatif, l’accès à Internet pourrait renforcer l’enseignement à distance, enrichir les contenus pédagogiques et réduire les inégalités entre élèves urbains et ruraux. Pour les structures sanitaires, la connexion ouvre la voie à la télémédecine, à la circulation plus fluide des dossiers médicaux et à la formation continue du personnel.
Sur le plan économique, les micro-entrepreneurs et les agriculteurs pourraient tirer parti des plateformes numériques pour accéder aux marchés, aux services financiers et à l’information. Les administrations, de leur côté, y voient un outil pour accélérer la dématérialisation des services publics et améliorer la communication avec les citoyens.
Si les modalités pratiques du déploiement restent à préciser, le pari du satellite marque une nouvelle étape dans la stratégie numérique du Sénégal, avec l’ambition de faire d’Internet un bien réellement accessible à tous.



