Industrie du ciment : Au Cameroun, Dangote Cement voit ses ventes reculer en 2025 mais prépare un nouveau cycle d’investissements
Le cimentier panafricain Dangote Cement a enregistré un repli notable de ses ventes au Cameroun en 2025. Affectée par le contexte électoral et les perturbations économiques qui ont suivi, la filiale locale du groupe nigérian a vendu moins de ciment que l’année précédente. Malgré cette contre-performance, l’entreprise table sur une reprise de la demande en 2026, soutenue par les projets d’infrastructures et par de nouvelles perspectives d’investissement dans le pays.

Les performances commerciales de Dangote Cement Cameroun ont marqué un ralentissement en 2025. Selon les états financiers audités du groupe, la filiale basée à Douala a écoulé environ 1,2 million de tonnes de ciment, contre 1,4 million de tonnes en 2024, soit une contraction de 14,1 % des volumes vendus sur un an. Cette baisse intervient dans un contexte particulier. Le groupe explique que les incertitudes liées à l’élection présidentielle d’octobre 2025 et les tensions ayant suivi la publication des résultats ont fortement perturbé les activités économiques dans plusieurs villes du pays. Douala, capitale économique et principal centre industriel, où est implantée l’unique usine de Dangote Cement au Cameroun, a été particulièrement touchée par ces perturbations.
Le recul observé au Cameroun n’a pas été sans effet sur les résultats globaux du groupe à l’échelle du continent. Dangote Cement indique que ses opérations panafricaines ont légèrement reculé, les volumes passant de 11,1 millions de tonnes en 2024 à 11 millions de tonnes en 2025. Plusieurs marchés ont contribué à cette baisse, notamment le Cameroun, mais aussi l’Éthiopie, le Sénégal et l’Afrique du Sud. Dans certains pays, les activités ont été freinées par des contraintes politiques ou économiques, comme les retards budgétaires en Éthiopie qui ont pesé sur la liquidité du marché. Sur le plan financier, cette situation s’est traduite par un recul de la rentabilité des activités africaines hors Nigeria. L’EBITDA panafricain du groupe a ainsi diminué pour s’établir à 294,1 milliards de nairas, contre 345,3 milliards de nairas un an plus tôt, avec une marge également en baisse.
Malgré ce passage à vide, Dangote Cement reste confiant quant à l’évolution du marché camerounais. Le groupe estime que la demande de ciment pourrait se redresser dès 2026, portée par l’intensification des projets d’infrastructures. Parmi les chantiers susceptibles de soutenir la consommation figurent notamment la construction de l’autoroute Douala–Yaoundé, ainsi que plusieurs projets routiers et de ponts en cours ou en préparation dans différentes régions du pays. Ces programmes publics devraient générer une demande importante en matériaux de construction.
Présent au Cameroun depuis 2015, Dangote Cement exploite une cimenterie installée sur les rives du fleuve Wouri à Douala, dotée d’une capacité de production annuelle de 1,5 million de tonnes. L’entrée du groupe nigérian sur ce marché avait mis fin à plusieurs décennies de quasi-monopole des Cimenteries du Cameroun (Cimencam). Aujourd’hui, le groupe envisage d’augmenter sa présence industrielle dans le pays. Dans le cadre d’un programme d’investissement d’un milliard de dollars signé avec la société chinoise Sinoma Engineering, Dangote Cement prévoit d’accroître ses capacités de production dans plusieurs pays africains.
Au Cameroun, deux scénarios sont actuellement étudiés : l’extension de l’usine existante de Douala ou la relance du projet de cimenterie à Nomayos, près de Yaoundé, un chantier resté en suspens depuis plus d’une décennie. Si ce projet se concrétise, il pourrait renforcer l’offre nationale en ciment et accompagner la croissance attendue du secteur des infrastructures.



