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Industrie lourde : À Kribi, un million de tonnes de ciment pour rebattre les cartes

Après plusieurs années d’attente, le projet de cimenterie porté par l’Ivoirien Kone Dossongui refait surface sur le littoral camerounais. Un avenant signé avec l’administration ouvre la voie à une usine modernisée, plus coûteuse et plus ambitieuse, dans la zone industrialo-portuaire de Kribi.

La filiale locale d’Atlantic Group, la Société de ciment du Cameroun, a revu les termes de son accord avec l’Agence de promotion des investissements. Signé à Yaoundé le 19 février 2026, l’avenant modifie la convention de 2021 afin d’intégrer des technologies de production plus performantes. Résultat : le budget initial, évalué à plus de 39 milliards FCFA, sera revu à la hausse. En contrepartie, le projet bénéficie d’avantages fiscaux et douaniers sur des périodes allant de cinq à dix ans, conformément au régime d’incitations à l’investissement privé.

Le site de 10 hectares, concédé par le Port autonome de Kribi, est déjà préparé. La phase de construction devrait démarrer cette année pour une durée estimée à deux ans. À terme, l’usine vise une capacité annuelle d’un million de tonnes et la création d’environ 1 600 emplois directs et indirects, du terrassement aux chaînes d’ensachage.

Déjà présent dans la finance et l’agro-industrie, le groupe consolide ainsi sa stratégie industrielle locale. La future cimenterie vient compléter un portefeuille d’activités qui s’étend de la banque aux produits transformés, confirmant la volonté d’inscrire ses investissements dans la durée.

Avec cette nouvelle unité, le Cameroun comptera bientôt une dizaine de producteurs, un paysage façonné depuis la fin du monopole de Cimencam, filiale de Lafarge Holcim Maroc Afrique, et l’arrivée de Dangote Cement Cameroun en 2015. Les capacités nationales frôlent désormais 12 millions de tonnes pour une demande estimée à 8 millions. Pourtant, le prix du sac de 50 kg reste élevé à Douala et Yaoundé. Les industriels pointent le coût du clinker importé, tandis que le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, évoque régulièrement la possibilité d’ententes sur les prix.

En filigrane, l’usine de Kribi n’est pas qu’un chantier : c’est un pari industriel dans un marché saturé, où chaque nouvelle tonne produite devra prouver qu’elle peut alléger la facture du consommateur sans fragiliser l’équilibre des acteurs.

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