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Industrie pétrolière : Sonara ajuste le coût de sa relance, 291,9 milliards FCFA pour redémarrer le raffinage

Réuni à Yaoundé fin décembre 2025, le Conseil d’administration de la Sonara a validé un budget révisé pour le plan Parras 24, destiné à relancer le raffinage sous deux ans. L’enveloppe, fixée à 291,9 milliards FCFA, est légèrement inférieure aux annonces gouvernementales de novembre, tout en restant nettement au-dessus des premières estimations post-incendie.

La Société nationale de raffinage (Sonara) affine les chiffres de sa renaissance industrielle. À l’issue de sa 140e session tenue le 23 décembre 2025 à Yaoundé, le Conseil d’administration a arrêté à 291,9 milliards FCFA le budget du Plan d’Accélération des mesures de Restructuration et de Réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois, plus connu sous l’appellation Parras 24. Ce montant représente une diminution d’environ 8 milliards FCFA par rapport aux 300 milliards FCFA évoqués un mois plus tôt par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. Cette enveloppe, issue d’une étude de faisabilité confiée à la société française Axens, marquait déjà une réévaluation significative par rapport aux projections initiales des pouvoirs publics, qui tablaient auparavant sur 250 milliards FCFA. Les autorités n’avaient alors pas détaillé les ressorts précis de cette hausse.

Comparé aux premières évaluations réalisées entre 2020 et 2021, le coût de Parras 24 demeure élevé. À l’époque, les estimations oscillaient entre 111 et 278 milliards FCFA. Plusieurs paramètres expliquent cet écart. D’abord, l’actualisation des prix sur plus de cinq années a mécaniquement renchéri les travaux. Ensuite, le périmètre du projet s’est élargi, intégrant notamment la remise en état des unités 15, 255 et 225, la réhabilitation de bacs de stockage, ainsi qu’une solution durable d’alimentation électrique. Cette dernière composante est présentée comme un levier clé pour achever la première phase du programme de modernisation « Sonara 2010 », interrompu par l’incendie de mai 2019.

La légère contraction du budget s’explique en partie par les résultats des audits techniques menés sur le site. Selon la Sonara, près de 75 % des équipements touchés par le sinistre restent utilisables. Environ 8 % devront être démantelés ou mis au rebut, tandis que 17 % pourraient être récupérés après des inspections plus poussées. Les installations situées hors de la zone incendiée affichent, quant à elles, un état jugé globalement satisfaisant. Ces constats ont permis de rationaliser les travaux envisagés et d’optimiser les coûts, sans compromettre les objectifs industriels.

Six ans après l’arrêt brutal de l’unique raffinerie du pays, l’État camerounais a désormais tracé une trajectoire claire pour la relance de la Sonara. À terme, l’ambition est de doubler la capacité de raffinage, de 3,5 à 7 millions de tonnes de brut par an. La première phase du Parras 24, prévue entre janvier 2026 et décembre 2027, vise un retour à la configuration opérationnelle de 2019. Un cap stratégique, au cœur des enjeux de souveraineté énergétique et de réduction de la facture pétrolière du Cameroun.

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