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Industrie pharmaceutique : Le projet Yicheng mobilise 30 ingénieurs chinois pour la 1ere phase

Le chantier du complexe pharmaceutique porté par l’homme d’affaires camerounais Idriss Confiance Mbe franchit une étape importante près de Yaoundé. Plus de trente ingénieurs chinois ont été déployés sur le site afin d’accélérer les travaux techniques et préparer l’entrée en service progressive de cette infrastructure industrielle estimée à 530 milliards de FCFA.

Situé à Meyo, le long de l’autoroute reliant Yaoundé à l’aéroport international de Nsimalen, le futur complexe pharmaceutique du groupe Yicheng connaît une phase d’intensification de ses travaux. Début mars, une délégation d’une trentaine d’ingénieurs chinois est arrivée sur le site pour accompagner les opérations techniques de la première étape du projet. Ces experts sont chargés de superviser plusieurs chantiers stratégiques, notamment les travaux de finition des installations, la mise en place d’équipements industriels spécialisés et le réglage des systèmes de production. Leur mission vise également à préparer la mise en service progressive de certaines unités techniques. À l’occasion d’une réunion de travail avec ces spécialistes, le promoteur du projet, Idriss Confiance Mbe, a fixé un calendrier serré. Les équipes techniques disposent d’environ trois mois pour finaliser les interventions essentielles qui doivent permettre au complexe d’entrer dans sa phase opérationnelle.

Selon les responsables du chantier, la première étape du projet, évaluée à environ 30 milliards de FCFA, affiche aujourd’hui un niveau d’exécution proche de 60 %. Cette phase constitue la base industrielle du futur complexe pharmaceutique, qui doit progressivement monter en puissance au fil des investissements programmés. L’infrastructure s’inscrit dans une vision plus large visant à renforcer les capacités de production de médicaments au Cameroun. Une fois pleinement opérationnelle, l’usine devrait produire différentes catégories de produits pharmaceutiques destinés aussi bien au marché national qu’aux pays de la sous-région d’Afrique centrale. L’objectif affiché est de contribuer à réduire la forte dépendance du pays vis-à-vis des importations de médicaments, tout en participant à la lutte contre la circulation de produits pharmaceutiques contrefaits.

Le développement de ce complexe intervient dans un contexte où la production locale reste marginale dans l’approvisionnement du marché camerounais. Malgré l’existence d’une quinzaine d’unités industrielles, les fabricants nationaux ne couvrent qu’une part limitée de la demande. Les estimations disponibles indiquent que les entreprises locales captent environ 5 % du marché des médicaments et des consommables médicaux, tandis que l’essentiel de l’offre provient de l’étranger. Cette dépendance s’est accentuée ces dernières années. Les importations de produits pharmaceutiques ont fortement progressé, passant d’un peu moins de 70 milliards de FCFA au début des années 2010 à près de 170 milliards de FCFA en 2024. Une évolution qui alourdit les sorties de devises et souligne la faiblesse de l’appareil productif national dans ce secteur stratégique.

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés rencontrées par les industriels locaux. Les coûts de production élevés, la modernisation parfois insuffisante des équipements et la concurrence des circuits informels constituent des obstacles majeurs à la croissance du secteur. À ces contraintes s’ajoutent également des questions fiscales et réglementaires souvent dénoncées par les opérateurs comme freinant les investissements industriels. Dans ce contexte, le projet porté par Yicheng Pharmaceutical représente un pari industriel de grande envergure. Sa réussite dépendra désormais de la capacité des équipes techniques à achever les installations prévues, à mettre en service les équipements clés et à transformer cet investissement massif en véritable outil de production pharmaceutique pour le Cameroun et la sous-région.

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