Infrastructures hydroélectriques : 4 milliards FCFA engagés pour la fiabilité et la maintenance du barrage de Memeve’le
Héritier des barrages cinquantenaires de Songloulou, Lagdo et constructeur d'autres comme Lom Pangar et Memve'ele ; Electricity Development Corporation projette d'investir massivement pour la maintenance de diverses infrastructures hydroélectriques. Une initiative à portée anticipatoire, préventive et curative dans un contexte où la demande en énergie électrique affiche une tendance haussière.

Au Cameroun, plusieurs millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité, principalement en zone rurale où le taux de desserte est très faible (environ 25% à 28%). Les estimations de la Banque mondiale indiquent qu’au moins plus de 10 millions de personnes manquent d’énergie stable. Bien que le taux d’accès ait atteint environ 71% à 73% en 2023, les délestages font de la résistance dans plusieurs localités.
Si la cause se trouve dans un ensemble de contraintes structurelles qui touchent à la fois la production, le transport et la distribution. La faible pluviométrie de ces dernières années a, quant à elle, réduit le remplissage des barrages réservoirs. Conséquence : À date, un déficit d’environ 3 milliards de m³ d’eau a été observé. Une situation qui plonge Nachtigal, Songloulou et Memve’ele en sous-régime, preuve en est avec ces écarts qui subsistent entre les capacités installées et la production effective.
Illustration : À Nachtigal, le débit reçu tourne autour d’environ 650 m³/s pour 260 MW produits, contre 420 MW attendus. À Songloulou, 900 m³/s s’expriment par 320 MW, en deçà des 384 MW attendus. À Memve’ele, la production tombe à 100 MW avec 250 m³/s, loin des 211 MW projetés. Aux limites hydrologiques perçues, l’on note des arrêts de machines, lesquels sont attribués à des déficits de maintenance.
Un premier investissement de 4 milliards de FCFA annoncé
Loin d’une coïncidence, les barrages réservoirs de Mbakaou, Memve’ele, Bamendjing et Mape ont été inscrits au plan d’action de EDC dédié à l’exploitation et à la maintenance des ouvrages hydroélectriques. À ce titre, l’entreprise compte pour une première étape, investir 4 milliards de FCFA pour fiabiliser la maintenance du barrage Memve’ele. Des sources proches du dossier, un appel d’offres vient d’être lancé pour le recrutement d’une société capable d’assurer la maintenance industrielle des équipements, de garantir la pleine disponibilité des performances de production et leur optimisation.
Selon les termes de cet appel, le prestataire choisi devra couvrir l’ensemble des opérations de maintenance prédictive, préventive et curative. Une mission qui inclut outre la sécurisation permanente des personnes et des installations, de jour comme de nuit, mais aussi une collaboration étroite avec le personnel exploitant de EDC, ce dans une logique de complémentarité technique et de continuité opérationnelle. En effet, le cahier de charge recommande la disponibilité mécanique des ouvrages. L’idée étant de permettre une réelle production de la puissance maximale, en fonction des conditions hydrologiques et des besoins du réseau. Au sens global, l’effort du conseiller de l’Etat camerounais en matière énergétique réside dans une urgence de limiter les risques d’indisponibilité des actifs centraux.
Près de 70 milliards FCFA pour renforcer le patrimoine énergétique
Réuni en sa 57e session ordinaire le 09 janvier 2026 à Yaoundé, le Conseil d’Administration, présidé par Victor A. Mengot, Ministre chargé de Mission à la Présidence de la République, a analysé les états financiers de l’exercice 2025 et fixé les orientations pour l’exercice 2026. Selon le communiqué final ayant sanctionné les travaux, un budget de 69,7 milliards de FCFA a été arrêté pour l’exercice 2026, mettant ainsi le cap mis sur la mise en œuvre des projets d’envergure. Objectif : accroître les performances de l’entreprise et améliorer l’offre énergétique au Cameroun.
Sur la foi des chiffres rendus publics, 28,2 milliards de FCFA seront consacrés aux investissements et à la gestion des projets ; 41,5 milliards FCFA serviront à rembourser les emprunts, gérer le fonctionnement et les équipements de l’entreprise, les dépenses d’exploitation des barrages réservoirs notamment Memve’ele et Lom Pangar.



