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Infrastructures routières : Ecobank veut renforcer le financement de l’entretien et des grands projets routiers au Cameroun

En quête de solutions face à l’insuffisance chronique des ressources dédiées à l’entretien des routes, le Fonds routier explore de nouveaux partenariats financiers. Ecobank Cameroun se positionne pour accompagner l’institution publique dans la mobilisation de ressources et la structuration de financements adaptés aux besoins du secteur.

Le Fonds routier du Cameroun et Ecobank Cameroun ont engagé, le 20 janvier à Yaoundé, des échanges autour d’un éventuel partenariat stratégique. À la tête de la délégation de la banque panafricaine, Sylvestre Ouattara, responsable du pôle CEMAC, est venu présenter à l’administrateur du Fonds routier, Aubin Esaïe Moussa, les contours d’une collaboration centrée sur le financement durable des infrastructures routières. Selon les informations communiquées par le Fonds routier, Ecobank entend capitaliser sur son expérience acquise auprès de fonds d’entretien routier dans plusieurs pays africains, notamment en Côte d’Ivoire. L’objectif affiché est d’aider l’institution camerounaise à renforcer ses mécanismes de collecte et à améliorer sa capacité à mobiliser des ressources financières conséquentes.

L’approche proposée par Ecobank repose sur deux leviers majeurs. Le premier concerne l’optimisation des circuits de collecte et de sécurisation des recettes affectées à l’entretien routier. Le second porte sur la structuration de financements à long terme destinés aux projets lourds de construction et de réhabilitation des routes. À travers cette double intervention, la banque souhaite contribuer à la fois à l’amélioration de la trésorerie du Fonds routier et à l’accès à des instruments financiers mieux adaptés à l’ampleur des investissements requis dans le secteur.

Chargé de financer l’entretien du réseau routier et de régler les prestations des entreprises, le Fonds routier fonctionne à travers deux guichets distincts : l’un dédié à l’entretien courant et périodique, l’autre orienté vers les investissements et la réhabilitation. Malgré un renforcement de ses missions par décret présidentiel en juillet 2025, l’établissement fait face à une contraction de ses ressources. Pour l’exercice 2026, son budget est fixé à 50 milliards de FCFA, en recul de plus de 11 milliards par rapport à 2025. Cette enveloppe reste très en deçà des besoins estimés, alors que l’entretien du réseau national nécessiterait plus de 1 000 milliards de FCFA.

Dans ce contexte de tension financière persistante, un partenariat avec Ecobank pourrait offrir au Fonds routier de nouveaux leviers pour accéder aux marchés de financement, mieux planifier les travaux et lisser ses besoins de trésorerie. Une option stratégique, alors que la dégradation du réseau routier demeure un enjeu économique et social majeur pour le Cameroun.

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