A la UneEnvironnement

Innovation verte : Trois jeunes solutions camerounaises au chevet du climat et de l’économie locale

À l’issue de la phase nationale du PachiPanda Challenge 2026, organisée par MTN Cameroon avec WWF Cameroon, trois projets portés par de jeunes entrepreneurs se sont imposés. Entre recyclage industriel, agriculture numérique et financement des intrants, ces innovations dessinent les contours d’une économie verte ancrée dans les réalités locales.

Du 9 au 23 janvier 2026, le PachiPanda Challenge a rassemblé près de 400 candidatures issues de toutes les régions du pays. Après une sélection rigoureuse, dix équipes ont présenté leurs solutions devant un jury composé d’experts publics et privés. L’évaluation ne s’est pas limitée à l’impact écologique. Les porteurs de projets ont aussi été jugés sur leur capacité à construire un modèle d’affaires crédible, à produire à grande échelle et à s’insérer dans les circuits économiques existants. Pour les organisateurs, l’objectif est clair : identifier des idées capables de survivre au-delà du concours et de devenir de véritables entreprises.

Lauréat du premier prix, le projet Nton Stem Kit mise sur une chaîne de valeur circulaire. Le principe est simple dans sa logique, mais ambitieux dans son exécution : collecter des déchets plastiques, les transformer en filament pour imprimantes 3D, puis produire localement des kits éducatifs dédiés aux sciences et aux technologies. Cette approche combine deux enjeux majeurs. D’un côté, la réduction des déchets plastiques qui envahissent les villes. De l’autre, la formation pratique des jeunes aux disciplines scientifiques et à l’ingénierie durable.

Sur le plan économique, le projet repose sur un approvisionnement à bas coût et sur une clientèle composée d’écoles, de centres de formation et d’organisations éducatives. Le principal défi reste la standardisation de la qualité des matériaux recyclés et l’augmentation des volumes de production.

Classée deuxième, la startup FurahaTalla s’attaque à l’un des talons d’Achille de l’agriculture camerounaise : l’incertitude climatique. Sa plateforme numérique permet aux agriculteurs de vendre leur récolte avant même qu’elle ne sorte de terre. Grâce à un algorithme intégrant données météo, tendances de marché et prévisions saisonnières, un prix est fixé à l’avance. Les acheteurs institutionnels s’engagent par contrat et versent un acompte, donnant aux producteurs une trésorerie immédiate pour acheter semences et équipements.

Dans un contexte où l’irrégularité des pluies entraîne des pertes importantes et une instabilité des revenus, ce système vise à réduire la vulnérabilité des petits exploitants et à sécuriser l’approvisionnement des marchés urbains.

Troisième lauréat, AgriCheck propose une autre réponse au risque agricole : l’accès aux intrants sans paiement initial. La plateforme analyse des images satellitaires, la qualité des sols et les données climatiques afin d’attribuer un score de risque à chaque exploitation. Ces informations servent à orienter la distribution d’engrais et de semences, mais aussi à définir les modalités de remboursement. L’enjeu est double : soutenir la productivité des exploitations tout en rassurant les fournisseurs et partenaires financiers sur la viabilité des opérations.

Pour MTN Cameroon et WWF Cameroon, la compétition ne se résume pas aux montants attribués. Les équipes finalistes ont suivi des formations destinées à structurer leurs projets et à les rendre attractifs pour d’éventuels investisseurs. Les trois lauréats représenteront le Cameroun lors de la finale panafricaine prévue en février 2026 à Johannesburg. Mais la vraie épreuve commencera après : transformer des prototypes prometteurs en entreprises durables.

Recyclage, agriculture de précision et logistique post-récolte ciblent des besoins bien identifiés de l’économie nationale. Leur avenir dépendra désormais de leur capacité à mobiliser des financements, à tisser des partenariats solides et à s’ancrer dans les chaînes de valeur locales. À travers ces projets, le PachiPanda Challenge confirme une tendance : l’innovation verte n’est plus seulement un discours, elle devient un outil concret de développement.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page