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Investissement public : Une exécution globalement stable en 2025 malgré des contraintes persistantes

L’exécution du Budget d’Investissement Public (BIP) du Cameroun a conservé une dynamique relativement stable en 2025. Au 31 décembre, les projets enregistrent un taux de réalisation physique de 64,15 %, selon les données présentées à Yaoundé lors de la deuxième session du Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public. Un niveau jugé satisfaisant dans un environnement marqué par des défis de financement et de gouvernance des projets.

Réunis le 25 mars 2026 à Yaoundé, les membres du Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public ont passé en revue l’état d’avancement des projets inscrits au Budget d’Investissement Public pour l’exercice 2025. Les travaux étaient présidés par Rosette Moutymbo Ayayi, présidente de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Après les ajustements opérés au cours de l’année, l’enveloppe globale du BIP s’est établie à 1 949,63 milliards de FCFA en crédits de paiement. Ce montant se répartit entre 1 256,23 milliards de ressources internes et 693,40 milliards provenant de financements extérieurs.

Sur ce volume, les engagements ont atteint 1 439,65 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 73,84 %. Les niveaux de liquidation et d’ordonnancement se situent respectivement à 73,45 % et 73,05 %, traduisant un léger ralentissement de la chaîne de la dépense par rapport à l’année précédente, sans rupture majeure dans la dynamique budgétaire.

Sur le terrain, les projets publics affichent un taux de réalisation physique de 64,15 % au 31 décembre 2025. Ce résultat représente une très légère contraction de 0,73 point comparativement à l’exercice précédent. Malgré cette baisse marginale, les autorités estiment que la mise en œuvre des investissements publics a fait preuve d’une certaine résilience. Les performances observées témoignent d’une continuité dans la conduite des programmes d’infrastructures et de développement, dans un contexte marqué par des contraintes opérationnelles et administratives.

L’analyse détaillée par source de financement met en évidence une meilleure performance des projets financés sur ressources domestiques. Ceux-ci enregistrent des taux d’engagement, de liquidation et d’ordonnancement respectifs de 83,19 %, 82,58 % et 81,96 %. Ces résultats restent relativement élevés, même s’ils ont été affectés par la faible exécution de certains programmes spécifiques, notamment les initiatives liées au programme PIISAH, aux crédits du C2D et à certains appuis budgétaires sectoriels.

Les investissements exécutés à travers les crédits délégués et les ressources transférées aux collectivités territoriales décentralisées affichent, pour leur part, une amélioration notable. Le taux d’exécution physique atteint 81,97 %, contre 78,44 % en 2024. Cette progression de plus de trois points est particulièrement portée par les régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord, dont les performances ont été saluées lors des travaux du comité. Cette évolution est perçue comme un signal encourageant dans le cadre du processus de décentralisation et de renforcement du rôle des collectivités dans la mise en œuvre des politiques publiques.

La situation apparaît toutefois plus nuancée du côté des financements extérieurs. Le taux de décaissement s’établit à 56,90 %, marquant un recul par rapport à l’année précédente. Paradoxalement, l’exécution physique des projets financés par ces ressources progresse légèrement pour atteindre 60,47 %. Ce décalage révèle des lenteurs dans la mobilisation effective des financements, alors même que certains projets continuent d’avancer sur le terrain.

Les discussions ont également permis d’identifier plusieurs difficultés structurelles liées à la contractualisation, à la mobilisation des ressources et au suivi des projets publics. Afin d’y remédier, le comité a recommandé une application plus rigoureuse des nouveaux textes encadrant la maturation et la gestion des projets d’investissement. Le renforcement des mécanismes de suivi-évaluation et la révision des cadres de concertation figurent également parmi les pistes retenues. Les autorités appellent par ailleurs à une implication accrue des collectivités territoriales, notamment des conseils régionaux, pour améliorer l’efficacité de la mise en œuvre des investissements publics.

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