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Investissements internationaux : L’Afrique perd de son attractivité, les IDE plongent en 2025

Les capitaux étrangers ont fortement ralenti leur course vers l’Afrique en 2025. Selon ONU Commerce et Développement, le continent a enregistré une baisse spectaculaire des investissements directs étrangers, dans un contexte mondial marqué par une concentration des flux vers les économies les plus solides.

L’année 2025 aura été rude pour l’Afrique sur le front des investissements directs étrangers (IDE). Les flux reçus se sont contractés de 38 %, pour atteindre environ 59 milliards de dollars. Cette chute s’inscrit dans une dynamique globale où les investisseurs privilégient de plus en plus les régions jugées sûres et rentables, laissant les pays en développement à la lisière du grand fleuve financier.

La baisse la plus brutale est observée en Afrique du Nord. La sous-région n’a attiré que 17 milliards de dollars, contre plus du triple un an auparavant. Ce repli s’explique notamment par l’absence de grands projets structurants comparables à celui de Ras El-Hekma en Égypte, qui avait artificiellement gonflé les chiffres en 2024. À l’inverse, l’Afrique subsaharienne a mieux résisté, avec 42 milliards de dollars d’IDE, soit un recul limité à 6 %. Une relative stabilité qui cache toutefois de fortes disparités entre pays et secteurs.

Dans l’ensemble des économies en développement, les IDE ont diminué de 2 %, atteignant 877 milliards de dollars. Les pays à faible revenu figurent parmi les plus touchés, une majorité d’entre eux affichant des flux stagnants ou en recul. Les économies avancées ont, quant à elles, connu un net regain d’intérêt, avec une progression de 43 %, portée par l’Europe et les centres financiers internationaux. L’Union européenne s’est distinguée grâce à des opérations de rachats transfrontaliers et au redressement de grandes économies comme l’Allemagne, la France et l’Italie.

Autre signal préoccupant : l’investissement international dans les infrastructures a diminué de 10 %. Les projets d’énergies renouvelables ont particulièrement souffert, les investisseurs se montrant plus prudents face aux incertitudes réglementaires et aux risques de rentabilité. Les financements locaux ont tenté de combler une partie du manque, mais cela accentue les écarts pour les pays dépendants des capitaux étrangers.

Pour l’année 2026, les prévisions évoquent une reprise timide des IDE. Les tensions géopolitiques persistantes et la fragmentation économique mondiale continuent de peser sur les décisions d’investissement. Pour l’Afrique, l’enjeu sera de restaurer la confiance en renforçant la stabilité, la lisibilité des règles et l’attractivité de ses projets. Dans la grande boussole des capitaux, le continent devra retrouver le nord.

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