Logistique régionale : Le port de Maputo s’impose comme un pivot stratégique en Afrique australe
Avec 32 millions de tonnes manutentionnées en 2025, le port de Maputo confirme sa trajectoire ascendante. Portée par des investissements lourds et une redéfinition des corridors d’échanges, la plateforme mozambicaine capte une part croissante des flux régionaux, tout en faisant face à une concurrence appelée à se renforcer.

En 2025, Maputo a franchi un nouveau palier en traitant 32 millions de tonnes de marchandises, soit une progression de 3,4 % sur un an. Cette hausse, modeste en apparence, prend tout son relief dans un contexte régional marqué par des goulets d’étranglement logistiques et des arbitrages de flux. L’autorité portuaire l’attribue à la modernisation continue des quais, des équipements et des procédures, qui a permis d’améliorer la fluidité des opérations et de réduire les temps d’escale.
Le dynamisme du port repose en grande partie sur le vrac, dont les volumes ont atteint 15,2 millions de tonnes, en hausse de 6,4 %. Autre signal fort : la montée en puissance du fret ferroviaire. Les tonnages transportés par rail ont progressé de 17 %, passant à 11,7 millions de tonnes. Une évolution qui confirme le rôle central du rail dans la stratégie de Maputo, pensé comme un débouché naturel pour les productions minières et agricoles de l’arrière-pays.
Depuis plusieurs années, Maputo capitalise sur les difficultés opérationnelles rencontrées par certains ports sud-africains. Il a su se positionner comme une alternative crédible pour les exportations minières sud-africaines et pour le transit des pays enclavés de la région, notamment le Botswana, le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie. Cette fonction de hub régional renforce son attractivité auprès des opérateurs logistiques.
Pour accompagner la demande, DP World a annoncé un investissement de 165 millions de dollars afin d’étendre le terminal à conteneurs, dont la capacité devrait plus que doubler pour atteindre 530 000 EVP. En y ajoutant d’autres projets portuaires, l’enveloppe globale pourrait avoisiner 500 millions de dollars. Ces efforts s’articulent avec des projets publics majeurs, dont la modernisation de la ligne ferroviaire de Ressano Garcia et le développement du corridor de Nacala.
Cette dynamique n’est toutefois pas acquise. La relance des ports sud-africains, soutenue par des investissements publics et privés, ainsi que l’essor du port namibien de Walvis Bay, pourraient redistribuer les cartes. Pour Maputo, le défi sera de consolider ses gains tout en maintenant un avantage compétitif durable dans un paysage logistique en pleine recomposition.



