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Loi de Finances 2026 : Le scanning à 06 axes du GECAM

La croissance projetée par le Cameroun reste crédible si l’investissement public est véritablement exécuté. Face aux multiples enjeux économiques, le patronat camerounais dans sa lecture macroéconomique propose pour une meilleure exécution de la loi des finances, de prévoir des mesures spécifiques pour juguler les effets de la crise post-électorale ; d’élargir l’assiette fiscale en lieu et place des prélèvements déjà existants. Si le Gecam prévient sur un risque d’ajustement structurel porté la persistance des arriérés de paiements et la raréfaction des devises. L’organisation, vu la forte dépendance du budget de l’État à l’endettement, recommande un ralentissement de celui-ci tout en orientant la dette vers des investissements à fort rendement.

Au Cameroun, les infrastructures diverses jouent un rôle essentiel pour la compétitivité des entreprises et la production. À côté de l’offre énergétique, routière et industrielle qu’il faut renforcer. La note du Gecam préconise de faire un suivi public des résultats, d’associer davantage le secteur privé ce qui permettra entre autres de : sanctuariser les dépenses favorables à la production, préserver les dépenses de relance et d’investissement, privilégier les projets à forte rentabilité.

Cibler le secteur privé et prioriser le budget-investissement

La loi de finances 2026 a consacré une série de réformes notamment un élargissement de l’assiette fiscale dans le numérique, l’immobilier, le transport international et les revenus du capital. Au plan budgétaire et financier, le Gecam invite à cibler prioritairement un secteur informel qui emploie environ 90% de la population, tout en contribuant de 20 à 30 % au PIB.

Au moment où les dépenses d’investissement public affichent une hausse de 174,2 milliards FCFA sur un an ; que la part de l’investissement dans le budget à chuté de -0,8 point en 2026. Il convient selon le document du Gecam, d’accélérer les procédures nécessaires à l’activité des entreprises ; équilibrer beaucoup plus le budget vers l’investissement ; réduire considérablement le train de vie de l’Etat via une révision de la dépense de fonctionnement.

Selon les données officielles, les impayés dus par l’Etat ont atteint 485,4 milliards de FCFA à fin septembre 2025, un niveau qui pèse sur la trésorerie des fournisseurs de l’État et, au-delà, sur l’activité des entreprises dépendantes de la commande publique. Dans une vision de renforcement du dialogue public-privé, il faut consolider des cadres de concertation comme le Cameroon Business Forum et procéder à l’apurement progressive de la dette aux entreprises. Donc, de traduire les décisions prises en actions concrètes, élaborer et mettre en place un calendrier crédible.

Miser sur l’efficacité opérationnelle pour une meilleure gouvernance

Dans le volet lié à la gouvernance, l’équité et la concurrence, les recommandations tournent autour de la mise en place d’un encadrement clair et traçable des décisions ; une simplification et sécurisation des circuits formels ; mais également un conditionnement des ressources afin de préserver une certaine efficacité. En effet, ces propositions sont tributaires à un ensemble de mesures contenues dans la loi de finances. Il s’agit notamment du renforcement de l’usage des outils numériques et de l’IA dans les administrations financières ; à la lutte contre les circuits financiers informels et à l’introduction ou renforcement des contrats de performance pour les organismes publics.

Relever le défi énergétique pour consolider la compétitivité  

Au Cameroun, le secteur énergétique reste miné par le défi du transport et de la distribution. Ce qui freine fortement la compétitivité des entreprises tout en fragilisant l’outil de production. Or la croissance économique projetée s’appuie principalement sur l’énergie, les infrastructures et l’industrialisation. Afin de rendre cette hypothèse crédible et obtenir les résultats espérés, la note d’analyse publiée par le Gecam recommande le renforcement de l’offre énergétique nationale. Car c’est un pilier essentiel pour soutenir la production. Avec la mise en service du barrage de Nachtigal, le rachat en cours d’ENEO tout comme la réhabilitation de la SONARA en vue. Il est désormais question de capitaliser sur la disponibilité en quantité et en qualité de l’énergie, mais également sur la baisse des tarifs.

Dans le même ton, le soutien au tissu productif local est un levier de choix pour la mise en œuvre de la SND 30. D’ailleurs, une enveloppe de 50 milliards FCFA sera engagée pour les projets portés par des jeunes. Derrière cette volonté gouvernementale, une entrave se dresse, la commande publique s’éloigne encore de la production locale. Dans le but de la promouvoir, le patronat propose de soutenir les entreprises nationales en garantissant un meilleur accès des PME aux financements. C’est le cas avec le secteur des infrastructures de transport et logistique, mais sous le couvert de la priorisation des projets à fort impact économique. Lesquels doivent être bien cibler avant toute évaluation. Car élargir la base productive peut être une approche positive si les incitations sont simples, les dispositifs accessibles et les changements en cours d’année, limités.

Simplifier les procédures et promouvoir le civisme fiscal

Dans son analyse sur les axes fiscal et parafiscal. Le groupement oriente ses recommandations selon les segments. En matière de promotion socio-économique, il spécifiquement question de simplifier les formalités et assurer la stabilité du dispositif d’incitations fiscales en faveur de l’emploi des jeunes diplômés ; d’accompagner les mesures fiscales en faveur des personnes handicapées par une communication et des procédures claires ; de clarifier les conditions d’éligibilité à l’allègement fiscal des revenus exceptionnels…

Quant aux mesures d’élargissement de l’assiette fiscale et d’amélioration du climat des affaires. Il est nécessaire de clarifier les modalités pratiques pour éviter la double imposition aux entreprises numériques non résidentes ; d’assurer une application effective et coordonnée de l’impôt sur les sociétés, surtout les entreprises de transport étrangères. De plus, il faut clarifier les critères et les procédures applicables aux opérations d’acquisition de logements sociaux; améliorer la fiabilité des bases foncières vu la hausse de la taxe sur la propriété foncière; harmoniser les pratiques fiscales sur la durée d’amortissement des biens en crédit-bail ; renforcer la pédagogie fiscale afin d’améliorer la compréhension et l’adhésion des contribuables; rendre le service effectif avec la modernisation des centres de gestion agréés; accélérer la mise en œuvre des incitations fiscales dans les zones économiquement sinistrées. À côté du fait de publier les rapports d’exécution issus des comptes d’affectation spéciale ; le Gecam est favorable à l’unification des guichets, au conditionnement des financements sur la base des performances.

Harmoniser les pratiques douanières aux standards régionaux

Le Cameroun a pris l’initiative de la mise en œuvre du Code des Douanes harmonisé CEMAC-CEEAC. Cette orientation qui s’avère positive pour la prévisibilité du commerce extérieur demande de prévoir une phase d’adaptation, d’assurer une communication précise et d’accompagner les acteurs. À l’ère de la prorogation et de l’extension des exonérations douanières, du renforcement des régimes pour inciter et soutenir l’import-substitution. Le Gecam prescrit de préserver l’équilibre entre protection et compétitivité ; d’améliorer l’accès aux circuits formels de paiement vu l’interdiction du financement informel des importations ; de prévoir une prorogation ou dématérialiser les demandes de prorogation pour ce qui est du défaut d’apurement des déclarations d’importation dans les délais légaux. Outre la définition de critères pour cantonner à travers les banques, les droits et taxes des importateurs jugés à risque. Il est suggéré au gouvernement de préserver l’équilibre entre contrôle et facilitation du commerce, cela concerne notamment l’usage par la douane, de l’intelligence artificielle.

Globalement, les mesures proposées « permettront de protéger les intérêts de nos entreprises tout en contribuant à une croissance plus inclusive et durable », soutient le Groupement des Entreprises du Cameroun.

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