Manganèse gabonais : Les recettes reculent au premier semestre 2025
Pilon de l’économie extractive nationale, la filière manganèse traverse une zone de turbulence. À fin juin 2025, son chiffre d’affaires accuse un net repli, pénalisé par un marché mondial saturé et des difficultés techniques et sociales persistantes sur les sites d’exploitation.

Selon la note de conjoncture économique du ministère gabonais de l’Économie et des Finances, la filière manganèse a généré 365,18 milliards de FCFA entre janvier et juin 2025. Ce niveau de revenus représente une baisse de 8,7 % par rapport au semestre précédent et un manque à gagner de plus de 32 milliards de FCFA comparé à la même période en 2024. Les autorités expliquent ce recul par la combinaison d’une demande internationale atone et de contraintes opérationnelles internes qui freinent l’activité extractive.
Sur le plan international, le manganèse souffre d’un excédent structurel d’offre. La surproduction enregistrée fin 2023 a installé un déséquilibre durable, prolongé en 2024 puis en 2025. La demande de l’industrie sidérurgique mondiale, notamment pour la fabrication de l’acier, s’est révélée bien inférieure aux prévisions. Dans son rapport d’activité du troisième trimestre 2025, le groupe Eramet, maison mère de la Comilog, reconnaissait que ce déséquilibre persistait, malgré une relative stabilisation des prix de référence.
Après une forte chute au troisième trimestre 2024, le prix moyen du manganèse gabonais s’est redressé pour atteindre 91 387 FCFA la tonne à fin juin 2025. Cette remontée reste toutefois insuffisante pour compenser la baisse des volumes et inverser la tendance négative du chiffre d’affaires observée sur le semestre.
À ces facteurs externes s’ajoutent des difficultés locales. Le gouvernement pointe notamment la vétusté des installations à Ndjolé, un arrêt technique de deux semaines observées en avril par la Nouvelle Gabon Mining, ainsi qu’un mouvement social sur le site de Franceville exploité par la Comilog. Résultat : la production a reculé de 7,8 % pour s’établir à 4,55 millions de tonnes, tandis que les exportations ont diminué de 6,2 %.
Les signaux pour la suite de l’année restent peu encourageants. Au troisième trimestre, la Comilog, qui concentre près de 65 % du marché national, a vu sa production chuter de 29 %, à 2,1 millions de tonnes. L’entreprise impute cette contre-performance aux difficultés d’acheminement sur la ligne du Transgabonais, dans un contexte où le Gabon prépare l’interdiction des exportations de minerai brut à l’horizon 2029. Autant de défis qui interrogent la résilience à court terme de la filière manganèse.



