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Marché de l’énergie : L’OPEP+ choisit l’attentisme pour ouvrir 2026

Malgré un marché pétrolier chahuté par la chute des prix et la crainte d’un excédent durable, l’OPEP+ a décidé de maintenir inchangés ses niveaux de production au premier trimestre 2026. Une stratégie de prudence qui reflète autant les incertitudes économiques que les équilibres géopolitiques du moment.

L’année 2026 s’ouvre sur une décision sans surprise mais lourde de sens pour le marché pétrolier. Réunis lors d’une courte visioconférence, huit piliers de l’OPEP+ ont acté le maintien de leurs objectifs de production pour janvier, février et mars. Ce choix prolonge la ligne arrêtée en novembre dernier, lorsque le groupe avait mis entre parenthèses toute hausse de l’offre afin de composer avec une demande hivernale traditionnellement plus faible dans l’hémisphère nord. L’Arabie saoudite, la Russie, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, le Koweït, l’Irak, l’Algérie et Oman sont concernés par cette décision. À eux seuls, ces pays concentrent plus de la moitié de la production mondiale de pétrole, ce qui confère à leur position un poids déterminant sur l’évolution des cours.

Cette posture prudente s’explique par le contexte hérité de 2025. Les prix du brut ont reculé de plus de 18 %, enregistrant leur plus forte baisse annuelle depuis cinq ans. En toile de fond, une inquiétude persistante : celle d’une offre mondiale trop abondante face à une demande hésitante. Paradoxalement, ces mêmes producteurs avaient relevé leurs quotas l’an dernier d’environ 2,9 millions de barils par jour, dans l’espoir de reconquérir des parts de marché après plusieurs années de restrictions volontaires destinées à soutenir les prix. Aujourd’hui, aucun nouvel ajustement n’est à l’ordre du jour.

La décision de statu quo intervient aussi dans un environnement géopolitique tendu. Les relations complexes au Moyen-Orient, notamment entre Riyad et Abou Dhabi autour du dossier yéménite, ainsi que les incertitudes pesant sur l’avenir du Venezuela, ajoutent une couche d’imprévisibilité à un marché déjà sous pression. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’équation pour 2026 reste délicate. La réintroduction progressive des barils précédemment retirés par l’OPEP+ et la montée en puissance de la production hors cartel, notamment en Amérique, pourraient conduire à un excédent estimé à près de 3,8 millions de barils par jour. Un déséquilibre certes revu légèrement à la baisse, mais suffisant pour maintenir les prix sous tension.

En choisissant l’immobilisme à court terme, l’OPEP+ gagne du temps. Le cartel se réserve la possibilité d’ajuster le robinet plus tard, en fonction de la trajectoire de la demande mondiale et des évolutions politiques. D’ici là, le marché avance sur une ligne de crête, suspendu aux prochains signaux économiques et diplomatiques.

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