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Marché monétaire : Après avoir réaménagé sa dette, le Congo prépare une offensive de 700 milliards FCFA sur les titres publics en 2026

Fraîchement sorti d’une opération de rééchelonnement de dette, le Congo entend reprendre l’initiative sur le marché des titres publics de la BEAC. Pour l’exercice 2026, Brazzaville prévoit de lever près de 700 milliards FCFA, dont plus d’un quart dès le premier trimestre, en misant clairement sur les instruments de moyen et long terme.

La République du Congo affiche des ambitions financières élevées pour 2026. Selon le calendrier prévisionnel publié début janvier par la Direction générale du Trésor, l’État congolais prévoit de mobiliser environ 690 milliards FCFA sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale. Ce volume place Brazzaville au troisième rang des émetteurs de la CEMAC, derrière le Cameroun et le Gabon. À l’échelle sous-régionale, ces émissions représentent près de 18 % des besoins globaux de financement exprimés par les six États membres, estimés à plus de 3 900 milliards FCFA. Une dynamique qui confirme le rôle central du marché monétaire régional dans le financement des budgets publics.

Dans le détail, le Trésor congolais prévoit de lever 405 milliards FCFA via des Obligations du Trésor Assimilables, contre 285 milliards FCFA en Bons du Trésor Assimilables. Ce choix traduit une volonté de privilégier des ressources plus stables, avec des maturités étalées, afin de mieux maîtriser le profil de remboursement de la dette publique. Cette orientation vise également à aligner la durée des financements sur celle des projets structurants inscrits au Plan national de développement, notamment dans les secteurs des infrastructures routières, de l’énergie et des équipements sociaux.

Dès les trois premiers mois de l’année 2026, Brazzaville prévoit de capter près de 195 milliards FCFA, soit plus de 28 % de son objectif annuel. Là encore, les obligations domineront largement, avec 125 milliards FCFA attendus, contre 70 milliards FCFA en titres de court terme. Cette stratégie permettrait d’éviter une concentration excessive d’échéances à court terme, tout en envoyant un signal de confiance aux investisseurs sur la capacité de l’État à honorer des engagements de plus longue durée.

Cette offensive sur le marché intervient après une opération de réaménagement de dette menée fin 2025. En novembre, près de 305 milliards FCFA d’obligations arrivées à échéance ont été converties en nouveaux titres, avec un allongement de certaines maturités allant jusqu’à trois ans. Une manœuvre discrète, mais stratégique, qui a permis de desserrer les contraintes de trésorerie avant l’ouverture du nouvel exercice budgétaire. Avec ce programme d’émissions, le Congo cherche désormais à transformer ce répit financier en levier de relance et de crédibilité sur le marché régional.

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