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Marchés financiers : La raffinerie Dangote se prépare à entrer dans l’arène boursière

Le groupe industriel nigérian ouvre prochainement le capital de sa gigantesque raffinerie au public. Une étape stratégique pour élargir l’actionnariat, attirer l’épargne locale et consolider un actif devenu central pour l’économie du Nigeria.

La nouvelle a été rendue publique à l’issue d’une visite officielle du site industriel par la direction de la société pétrolière nationale. Devant ses hôtes, Aliko Dangote a indiqué que les citoyens nigérians pourront, dans un délai de quatre à cinq mois, acquérir des parts de la raffinerie. Cette ouverture marque une inflexion majeure pour un projet longtemps perçu comme l’apanage du secteur privé lourd. L’opération s’inscrit dans la perspective d’une introduction en bourse portée par Dangote Group, avec l’ambition de transformer un mastodonte industriel en actif partagé.

La structure compte déjà un actionnaire de poids : la compagnie publique NNPC, qui détient un peu plus de 7 % du capital. Cette présence institutionnelle confère une dimension quasi nationale à l’infrastructure. Pour les futurs investisseurs particuliers, un avantage est mis en avant : les dividendes pourraient être versés aussi bien en naira qu’en dollars, profitant des recettes générées par les exportations de carburants et de produits pétrochimiques.

Les analystes estiment la valeur de l’ensemble entre 20 et 25 milliards de dollars. La direction n’exclut pas une double cotation, notamment sur la Bourse de Londres, afin d’élargir la base d’investisseurs. L’objectif est triple : accroître la liquidité du marché nigérian, offrir des perspectives de plus-value aux ménages et renforcer la crédibilité financière du projet face aux bailleurs internationaux.

Avec une capacité actuelle de 650 000 barils par jour, Dangote Refinery couvre déjà la demande intérieure en carburants et exporte une part significative de sa production. Des investissements sont programmés pour porter cette capacité à 1,4 million de barils quotidiens à moyen terme, ce qui en ferait la plus grande raffinerie au monde. Parallèlement, le site développe des unités pétrochimiques produisant notamment des intrants pour l’industrie des détergents et des engrais, consolidant son rôle de plateforme industrielle intégrée.

Le projet supporte encore une dette de plusieurs milliards de dollars, issue de financements bancaires et internes au groupe. Les flux opérationnels attendus, combinés à des cessions ciblées d’actifs, devraient permettre un désendettement progressif d’ici 2027. En toile de fond, une possible coopération avec la compagnie nationale sur certains gisements pétroliers renforcerait l’articulation entre production et raffinage.

Au-delà des chiffres, l’ouverture du capital traduit une volonté politique et économique : associer les citoyens à un actif stratégique tout en réduisant la dépendance aux importations de carburants. Pour le Nigeria, la raffinerie devient ainsi à la fois symbole industriel, outil financier et levier de souveraineté énergétique.

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