Mines : Le Cameroun sollicite la China Eximbank pour accélérer ses projets stratégiques
Le Cameroun multiplie les initiatives pour structurer son industrie minière. À Yaoundé, la Société nationale des mines a engagé des discussions avec la banque chinoise China Eximbank afin de mobiliser des financements destinés à plusieurs projets d’exploitation et d’infrastructures, dans un contexte de diversification économique.

Le 20 mars 2026, la Société nationale des mines (Sonamines) a reçu à Yaoundé une mission de la banque chinoise China Eximbank. Cette rencontre, conduite côté chinois par Yang Bin, responsable Afrique du développement des prêts souverains, a permis d’examiner les possibilités de financement pour plusieurs projets miniers portés par l’État camerounais. Les discussions ont réuni le directeur général de la Sonamines, Serge Hervé Boyogueno, ainsi que des représentants du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. L’objectif était d’identifier des mécanismes capables de soutenir l’exploitation et la valorisation de ressources minérales jugées stratégiques pour l’économie nationale.
Parmi les initiatives présentées figure l’exploitation de gisements de rutile situés dans la zone d’Akonolinga, ainsi que le développement du complexe cobalt-nickel-manganèse de Nkamouna. D’autres projets concernent les réserves de calcaire de Sikoum et des carrières de pierres de taille localisées à Mbilntangan et Alouma. Au-delà de l’extraction, les autorités camerounaises souhaitent renforcer la transformation locale des ressources. Le programme inclut notamment la création d’une raffinerie d’or et la mise en place d’un laboratoire spécialisé dans les analyses minéralogiques. Ces infrastructures doivent contribuer à structurer une véritable chaîne de valeur minière à l’échelle nationale.
Pour le Cameroun, le développement du secteur minier représente un axe majeur de diversification. Malgré l’importance de son potentiel géologique, cette activité contribue encore marginalement à la richesse nationale, avec moins de 1 % du produit intérieur brut. La baisse progressive des revenus pétroliers pousse les autorités à accélérer l’exploitation d’autres ressources naturelles. Dans cette perspective, la mobilisation de partenaires financiers et industriels apparaît comme une condition essentielle pour transformer les projets identifiés en investissements concrets.
La mission de la China Eximbank pourrait ainsi constituer une étape vers une collaboration plus approfondie. L’institution financière chinoise dispose en effet d’une forte expérience dans le financement d’infrastructures et de projets extractifs en Afrique. Pour la Sonamines, l’enjeu est désormais de convertir ces échanges en partenariats opérationnels capables d’accompagner l’industrialisation du secteur. Si ces discussions débouchent sur des accords concrets, elles pourraient contribuer à faire du secteur minier un moteur de croissance et de nouvelles recettes pour l’économie camerounaise.



