Mobilité internationale : Le Royaume-Uni suspend les visas d’études pour les Camerounais
Les autorités britanniques ont annoncé l’arrêt de la délivrance de visas d’études pour les ressortissants de quatre pays, dont le Cameroun. Londres justifie cette décision par une augmentation marquée des demandes d’asile déposées par des étudiants étrangers après leur arrivée sur le territoire. La mesure, qui doit entrer en vigueur le 26 mars 2026, suscite des inquiétudes sur ses effets pour la mobilité académique des étudiants camerounais.

Le gouvernement du Royaume-Uni a décidé de suspendre l’octroi de visas d’études aux ressortissants du Cameroun, de l’Afghanistan, du Myanmar et du Soudan. L’annonce a été faite le 3 mars 2026 par la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, à travers un communiqué du Home Office. Selon les autorités britanniques, cette décision vise à limiter l’utilisation détournée du système migratoire. Le gouvernement affirme que certains étrangers entrent légalement au Royaume-Uni grâce à un visa étudiant avant de solliciter l’asile une fois sur place. Cette suspension, qualifiée d’exceptionnelle par Londres, doit entrer en application le 26 mars 2026.
La décision s’appuie sur des statistiques montrant une augmentation rapide des demandes d’asile introduites par des personnes arrivées légalement dans le pays. Entre 2021 et 2025, ces requêtes auraient plus que triplé pour atteindre près de 133 760 dossiers. Les autorités britanniques indiquent également que les demandes introduites par des titulaires de visas d’études originaires des quatre pays concernés ont connu une hausse particulièrement marquée. Elles auraient progressé de près de 470 % durant cette période. Entre septembre 2024 et septembre 2025, environ 2 900 visas d’études auraient été délivrés aux ressortissants de ces États. Sur la même période, plus de 1 200 demandes d’asile auraient été déposées par des personnes entrées avec ce type de visa.
Le cas des ressortissants afghans est particulièrement cité par le gouvernement britannique. Selon les chiffres avancés, près de 95 % d’entre eux auraient sollicité l’asile après leur arrivée sur le territoire depuis 2021.
La mesure intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire du gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer. L’exécutif britannique fait face à des pressions croissantes sur la question de l’immigration, notamment de la part de formations politiques favorables à un contrôle plus strict des frontières. Le coût du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile constitue également un argument avancé par Londres. Les dépenses liées à leur prise en charge sont estimées à plus de 4 milliards de livres sterling par an.
Environ 16 000 ressortissants des quatre pays concernés seraient actuellement hébergés et soutenus par les services publics britanniques. Ces derniers mois, le gouvernement britannique a multiplié les initiatives visant à renforcer la maîtrise des flux migratoires. En novembre 2025, Londres avait notamment évoqué la possibilité de suspendre les visas pour certains pays africains afin d’obtenir une coopération accrue dans le rapatriement de migrants en situation irrégulière.
Parallèlement, une réforme du système d’asile prévoit désormais que le statut de réfugié soit accordé pour une durée initiale de 30 mois renouvelable, contre cinq ans auparavant.
Pour le Cameroun, cette suspension pourrait avoir des répercussions importantes. Le Royaume-Uni s’est imposé ces dernières années comme une destination privilégiée pour les étudiants camerounais, en particulier dans les domaines du droit, de la finance, de l’ingénierie et de la santé. La fermeture temporaire de cette voie d’accès aux universités britanniques pourrait pousser de nombreux candidats à se tourner vers d’autres pays, notamment en Europe continentale, en Amérique du Nord ou en Asie. Au-delà des parcours individuels, cette évolution pourrait également influencer les dynamiques de formation internationale et les transferts de compétences vers le Cameroun.



