Nigeria : L’État efface une partie des ardoises de la NNPC pour assainir le secteur pétrolier
Sous pression budgétaire et en quête de transparence, le Nigeria a décidé d’annuler une partie des dettes accumulées par sa compagnie pétrolière nationale, la NNPC Ltd. Une mesure qui s’inscrit dans la stratégie de réformes engagée par le président Bola Tinubu pour remettre de l’ordre dans un secteur clé mais fragilisé.

Le gouvernement nigérian a franchi une nouvelle étape dans la réforme de son secteur pétrolier. Le président Bola Tinubu a donné son aval à l’annulation partielle des dettes de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd), selon une annonce officielle rendue publique le lundi 29 décembre.
La décision porte sur un montant de 1,42 milliard de dollars correspondant à des engagements financiers hérités d’exercices antérieurs. À cela s’ajoute l’effacement de créances d’environ 5 570 milliards de nairas, soit près de 3,85 milliards de dollars, que la NNPC devait à l’État fédéral.
D’après la présidence nigériane, ces montants concernent des obligations accumulées jusqu’à la fin de l’année 2024. Ils incluent notamment des ajustements liés aux contrats de partage de production, au paiement des redevances pétrolières ainsi qu’à divers mécanismes internes de compensation financière.
Le gouvernement précise toutefois que cette mesure ne s’applique pas aux engagements contractés après 2024, qui demeurent exigibles. L’objectif affiché est de repartir sur des bases comptables plus claires, sans encourager de nouvelles dérives.
Cette décision intervient dans un contexte économique délicat. Bien que le Nigeria demeure le premier producteur de pétrole brut en Afrique, le secteur pétrolier ne représente plus qu’une part modeste de l’économie nationale, avec environ 3,8 % du PIB au troisième trimestre 2025, selon le National Bureau of Statistics. La production, estimée à 1,64 million de barils par jour sur la même période, reste en deçà du potentiel du pays, en raison notamment d’un manque d’investissements, de contraintes financières persistantes et de problèmes structurels.
Acteur central de la collecte des revenus pétroliers, la NNPC a longtemps entretenu des relations financières complexes avec le Trésor public. Les mécanismes de compensation opaques et les faiblesses en matière de gouvernance ont régulièrement été pointés du doigt par les organes de contrôle et les partenaires internationaux du Nigeria. Si la présidence n’a pas détaillé les objectifs précis de l’annulation, plusieurs analystes locaux estiment qu’elle pourrait faciliter la restructuration de la NNPC et améliorer la transparence de ses comptes, à un moment où la compagnie envisage de céder certains actifs et d’attirer de nouveaux investisseurs.


