A la UneFinances publiques

Politique économique : Le FMI presse Yaoundé d’investir mieux et plus vite pour relancer la machine économique

À l’issue d’une mission de deux semaines au Cameroun, le Fonds monétaire international exhorte les autorités à accélérer les investissements publics, tout en renforçant leur efficacité. Dans un contexte de marges budgétaires étroites et d’endettement surveillé, l’institution estime que la croissance dépendra avant tout de la modernisation des infrastructures et de la qualité de leur mise en œuvre.

En rencontrant les administrations économiques, la BEAC et les représentants du secteur privé, la mission du FMI a dressé un constat clair : les routes, l’énergie et les réseaux de communication restent des goulots d’étranglement majeurs pour l’activité économique. Si la situation budgétaire est jugée relativement stable, l’année écoulée a été marquée par un ralentissement de la croissance, révélant les limites d’un modèle encore trop dépendant d’équipements insuffisants ou vieillissants. Pour l’institution, le potentiel du pays est réel, mais il ne pourra se concrétiser sans un effort soutenu sur les infrastructures de base.

Au-delà des montants engagés, le FMI insiste sur la capacité de l’État à transformer les financements en chantiers effectifs et en résultats mesurables. La lenteur des procédures et les faiblesses de coordination administrative pèsent sur l’exécution des projets. L’enjeu, selon la mission, est d’améliorer la planification, la sélection et le suivi des investissements afin qu’ils génèrent un impact rapide sur la productivité et l’emploi. Une meilleure gestion des projets publics est perçue comme un levier essentiel pour rendre chaque franc investi plus efficace.

La relance par l’investissement doit cependant composer avec des ressources limitées. Le FMI rappelle que l’augmentation de la dette ne peut se faire sans prudence, au risque de fragiliser l’équilibre macroéconomique. La priorité est donc donnée à la mobilisation des recettes internes, fiscales et non fiscales, afin de financer les projets sans alourdir excessivement l’endettement. Dans cette logique, la soutenabilité financière des infrastructures devient un critère central, notamment pour celles censées créer de l’emploi et réduire la pauvreté.

L’investissement public, à lui seul, ne suffira pas à enclencher une dynamique durable. Le FMI plaide pour des réformes capables de renforcer l’impact économique des dépenses. Le secteur des télécommunications est particulièrement pointé du doigt, en raison d’un cadre réglementaire jugé trop contraignant. Une libéralisation mieux encadrée pourrait, selon l’institution, stimuler l’innovation et attirer davantage d’opérateurs, avec des retombées positives sur l’ensemble de l’économie.

Les échanges ont également porté sur les perspectives budgétaires à moyen terme, l’évolution des arriérés intérieurs et la stratégie d’endettement. Des progrès ont été salués dans l’administration fiscale et la gouvernance, contribuant à améliorer le climat des affaires. Le dialogue entre Yaoundé et le FMI devrait se poursuivre dans les mois à venir, avec l’éventualité d’un nouveau programme de coopération. Dans un contexte régional marqué par l’engagement des pays de la CEMAC à maintenir la stabilité financière, le Cameroun est appelé à faire de l’investissement public un moteur, mais aussi un modèle de rigueur et d’efficacité.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page