Politique monétaire : La BEAC augmente son soutien aux banques face au regain de la demande de crédit
La Banque des États de l’Afrique centrale renforce son intervention sur le marché monétaire en portant à 400 milliards de FCFA son offre de liquidité. Une décision qui reflète une reprise progressive des besoins de financement dans la sous-région, sans toutefois retrouver les tensions observées fin 2025.

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a procédé, le 24 mars 2026, à une nouvelle opération d’injection de liquidité destinée aux établissements de crédit de la Cemac. L’enveloppe proposée atteint désormais 400 milliards de FCFA, soit une augmentation de 50 milliards par rapport à l’opération précédente du 17 mars. Cette évolution traduit la volonté de l’institution d’émission de mieux répondre aux besoins exprimés par les banques commerciales. Lors de la précédente adjudication, la demande des banques avait dépassé l’offre disponible, laissant apparaître des tensions sur la trésorerie du système bancaire. En ajustant son intervention, la banque centrale aligne désormais son offre sur les attentes du marché.
Cette montée en puissance de la demande de liquidité est généralement interprétée comme un indicateur d’intensification de l’activité de crédit. En effet, les banques sollicitent davantage de refinancement auprès de la BEAC lorsque les demandes de prêts formulées par les entreprises et les ménages excèdent leurs ressources disponibles. Ainsi, la situation actuelle suggère un redémarrage progressif du financement de l’économie dans la sous-région, après un début d’année marqué par une relative accalmie.
Malgré cette reprise, les besoins actuels restent modérés comparés aux niveaux atteints à la fin de l’année 2025. À cette période, la demande de liquidité avait connu une forte poussée, culminant successivement à 650, 700 puis 800 milliards de FCFA entre septembre et octobre, contraignant la BEAC à intensifier ses interventions. Depuis le début de l’année 2026, cette pression s’est progressivement atténuée, conduisant la banque centrale à ajuster à la baisse ses injections, avant de les stabiliser autour du seuil actuel.
En relevant son offre tout en restant en deçà des niveaux exceptionnels de l’an dernier, la BEAC adopte une posture équilibrée. L’institution cherche à accompagner la reprise du crédit sans raviver les déséquilibres observés précédemment. Cette stratégie témoigne d’un pilotage attentif de la liquidité bancaire, dans un contexte où la relance de l’activité économique doit s’opérer sans compromettre la stabilité financière de la zone Cemac.



