A la UneMines & énergies

Production d’hydrocarbures : Yaoundé et Malabo unissent leurs gisements pour relancer le secteur

Réunis à Malabo le 3 février 2026, les représentants des deux pays ont officialisé un dispositif d’exploitation conjointe des gisements situés à cheval sur leur frontière maritime. L’acte a été paraphé par le ministre camerounais des Mines, Fuh Calistus Gentry, en présence du vice-président équatoguinéen, Nguema Obiang Mangue, ainsi que des responsables des compagnies pétrolières concernées. Pour les autorités, ce choix traduit une volonté de transformer une zone longtemps sensible en espace de coopération pragmatique, capable de générer des revenus, des emplois et une meilleure visibilité pour les investisseurs.

L’accord précise les règles de partage et d’exploitation du champ Yoyo-Yolanda selon les standards internationaux. Il complète le cadre juridique adopté en 2023 entre Yaoundé et Malabo. L’objectif est double : assurer une répartition équitable des ressources et prévenir les conflits liés aux frontières géologiques, souvent sources de contentieux en mer. En sécurisant les opérations, les États espèrent optimiser les rendements et réduire les coûts, tout en garantissant la transparence des flux financiers.

Pour le Cameroun, dont la production reste modérée mais essentielle pour l’équilibre budgétaire, ce projet offre une perspective de stabilisation des recettes et de valorisation de réserves jusque-là difficiles à mobiliser. La Guinée équatoriale, quant à elle, s’engage pour la première fois dans une exploitation partagée avec un voisin. L’implication de groupes comme Chevron, aux côtés des sociétés nationales SNH et GEPetrol, renforce la crédibilité industrielle de l’initiative.

Au-delà du champ concerné, l’accord est suivi avec attention dans l’espace CEMAC, où plusieurs bassins transfrontaliers restent inexplorés faute d’entente politique. Le partenariat camerouno-équatoguinéen pourrait ainsi servir de référence pour une gouvernance collective des ressources naturelles. Reste désormais à passer de l’encre à l’action. La réussite du projet dépendra de la mise en œuvre opérationnelle et des retombées concrètes pour les économies locales et les populations riveraines, attendues comme les premières bénéficiaires de cette nouvelle étape énergétique.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page