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Ressources naturelles – Belinga sort de l’ombre, le Gabon prépare son grand saut minier

Après des décennies d’annonces sans lendemain, le gisement de fer de Belinga entre enfin dans une phase décisive. Libreville a scellé un partenariat stratégique avec le groupe australien Fortescue pour lancer l’exploitation industrielle de ce site majeur, avec une ambition claire : faire du fer un pilier de la diversification économique gabonaise à l’horizon 2030.

Le dossier Belinga a longtemps symbolisé les promesses inabouties du secteur minier gabonais. Cette fois, le calendrier s’accélère. Les autorités gabonaises ont officialisé un accord avec Fortescue, marquant l’alignement des parties sur une mise en production progressive du gisement dans les prochaines années. L’objectif affiché est de passer du potentiel géologique à une exploitation industrielle structurée, mettant fin à plusieurs décennies d’attente.

Le partenariat ne se limite pas à l’extraction du minerai. Fortescue prévoit de déployer tout l’écosystème nécessaire à la valorisation du site : une ligne de chemin de fer dédiée, des installations portuaires capables de soutenir des exportations de grande ampleur, ainsi que des solutions énergétiques adaptées. Cette intégration vise à créer une véritable chaîne de valeur industrielle, plutôt qu’un simple projet d’exportation brute.

Avec des réserves estimées à près d’un milliard de tonnes de minerai de fer à forte teneur, Belinga figure parmi les gisements les plus importants d’Afrique centrale. À terme, son exploitation pourrait repositionner le Gabon sur l’échiquier mondial du fer et renforcer son statut de pays minier de premier plan en Afrique subsaharienne, aux côtés de ses productions déjà établies de manganèse et d’or.

Autre singularité du projet : son adossement à la transition énergétique. Fortescue entend recourir à des sources d’énergie propres, notamment l’hydrogène vert, pour alimenter le complexe minier. Une orientation qui répond aux exigences croissantes des marchés internationaux en matière de réduction de l’empreinte carbone et qui s’inscrit dans la volonté gabonaise de concilier exploitation des ressources et durabilité environnementale.

Au-delà de son poids économique, Belinga constitue un test majeur pour la politique minière du pays. La réussite du projet dépendra de la qualité de la gouvernance, de la sécurisation des investissements et du respect des délais annoncés. À l’horizon 2030, c’est la capacité du Gabon à transformer ses richesses naturelles en développement industriel durable qui sera jugée.

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