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Secteur bancaire : Le retrait du Cameroun coûte cher à Standard Chartered, mais allège son exposition au risque

La sortie de Standard Chartered Bank du marché camerounais s’est traduite par une perte comptable en 2025. Mais, derrière ce coût immédiat, la banque britannique met en avant une amélioration sensible de son profil de risque, conséquence d’un recentrage géographique amorcé depuis 2022.

Dans son rapport annuel 2025, publié fin février 2026, le groupe britannique chiffre à 5 millions de dollars la perte liée à la cession de sa filiale au Access Bank Plc. Converti au cours actuel, le montant avoisine 2,8 milliards de FCFA. Cette charge résulte principalement d’ajustements comptables et de frais liés à la transaction. Elle illustre le coût à court terme d’un désengagement d’un marché jugé moins prioritaire, même lorsque l’opération s’inscrit dans une stratégie globale de rationalisation.

Au-delà de la perte, Standard Chartered souligne un bénéfice structurel : la baisse de ses actifs pondérés par le risque (RWA) sur le segment Banque d’entreprise et d’investissement. En 2025, ces RWA ont diminué de 300 millions de dollars, soit près de 167 milliards de FCFA, conséquence directe de la sortie du Cameroun. Les RWA servent de base au calcul des fonds propres réglementaires. Leur contraction signifie donc une réduction de l’exposition au risque de crédit. En filigrane, la banque reconnaît que le marché camerounais présentait un niveau de risque relativement élevé au regard de ses priorités actuelles.

Le transfert de la filiale camerounaise, officialisé en décembre 2025, s’inscrit dans un plan dévoilé dès 2022 : céder des activités dans sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient afin de simplifier l’organisation et concentrer les ressources sur les marchés jugés les plus rentables. Selon Kariuki Ngari, responsable régional du groupe, cette démarche vise à « améliorer l’efficacité et réduire la complexité », tout en préservant la continuité de service pour les clients transférés.

Pour Access Bank, l’opération est une opportunité d’élargir sa base locale. L’établissement revendique plus de 22 000 clients, répartis entre Douala et Yaoundé, avec un positionnement fort sur le financement des entreprises et des grandes sociétés. L’intégration des actifs hérités de Standard Chartered devrait consolider cette orientation корпоративe et accroître la présence du groupe nigérian dans le paysage bancaire camerounais.

En définitive, si la sortie du Cameroun a pesé sur les comptes 2025 de Standard Chartered, elle marque surtout une étape supplémentaire dans la transformation de son modèle régional : moins de dispersion géographique, davantage de discipline sur le risque, et une focalisation accrue sur les marchés jugés stratégiques.

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