Trafic international : Un navire sous pavillon camerounais intercepté avec près de 10 tonnes de cocaïne en Atlantique
Une opération maritime d’envergure menée par les autorités espagnoles et plusieurs agences internationales a permis la saisie de près de dix tonnes de cocaïne à bord d’un navire marchand battant pavillon camerounais. Cette prise historique relance les interrogations sur l’utilisation abusive de certains pavillons africains par les réseaux criminels transnationaux.

La police nationale espagnole a annoncé, le 12 janvier, avoir réalisé l’une des plus importantes saisies de cocaïne jamais enregistrées en haute mer. Le navire concerné, en provenance du Brésil et en route vers l’Europe, a été intercepté dans l’océan Atlantique alors qu’il transportait une cargaison officiellement déclarée de sel. Les fouilles menées à bord ont permis de découvrir 9 994 kilogrammes de cocaïne soigneusement dissimulés dans 294 colis, fondus dans la marchandise légale. Treize membres de l’équipage ont été interpellés au cours de l’opération, au terme de laquelle les forces de l’ordre ont également saisi une arme à feu de petit calibre utilisée pour la sécurisation de la cargaison illicite.
Baptisée « Marée Blanche », cette opération est le fruit d’une coordination étroite entre plusieurs structures de lutte antidrogue. Ont notamment été mobilisés le Centre d’analyse et d’opérations maritimes – Stupéfiants (MAOC), l’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA), la police fédérale brésilienne, la National Crime Agency britannique, ainsi que les autorités françaises et portugaises. Selon la police espagnole, il s’agit de la plus grande saisie de cocaïne jamais réalisée par ses services en haute mer. La dernière opération comparable remonte à 1999, lorsqu’un navire transportant 7,5 tonnes de drogue avait été intercepté.
L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire de grande ampleur visant des organisations criminelles spécialisées dans l’exportation maritime de cocaïne depuis l’Amérique du Sud vers l’Europe. Les investigations sont coordonnées par le Parquet spécial antidrogue de l’Audience nationale espagnole et le Tribunal central d’instruction n°4. Les autorités estiment que ces réseaux exploitent les failles du transport maritime international, utilisant des cargaisons légales et des pavillons étrangers pour masquer leurs activités.
Cet épisode ravive les inquiétudes autour de l’utilisation frauduleuse de certains pavillons africains. En février 2025 déjà, des enquêtes médiatiques en Argentine avaient révélé que des entreprises chinoises déclaraient leurs navires sous pavillon camerounais ou vanuatais afin de dissimuler des activités illégales, notamment la pêche clandestine et le trafic d’êtres humains. Autant de signaux qui soulignent l’urgence d’un renforcement du contrôle des registres maritimes et de la coopération internationale pour préserver la crédibilité des États dont les pavillons sont détournés par le crime organisé.



