Transition énergétique : Hydrogène vert en Afrique, promesse d’énergie… et défi pour l’emploi
Alors que le continent mise sur ses ressources solaires et éoliennes pour devenir un futur géant de l’hydrogène vert, la question de l’emploi s’impose comme l’autre face de la médaille. Entre projections ambitieuses et réalité encore balbutiante, la création de postes dépendra surtout d’un facteur clé : la formation.

Les projets d’hydrogène vert se multiplient sur le continent. Des analyses relayées par Masdar et fondées sur des données de McKinsey & Company estiment qu’une industrie africaine mature pourrait générer, d’ici 2050, jusqu’à plusieurs millions d’emplois directs et contribuer fortement au PIB continental. Le potentiel est immense : soleil abondant, vastes espaces et demande mondiale croissante en carburants propres. Sur le papier, l’Afrique a tous les ingrédients pour devenir un exportateur majeur d’hydrogène décarboné.
Selon l’Energy Industries Council, près de 80 projets sont aujourd’hui annoncés à travers l’Afrique, représentant des dizaines de gigawatts et des investissements colossaux. Pourtant, la production réelle reste marginale. Quelques unités pilotes seulement fonctionnent, illustrant l’écart entre les plans et leur concrétisation. Des pays comme la Namibie et le Maroc affichent déjà des ambitions claires en matière d’emplois liés à ces infrastructures, intégrant dès la phase de conception des objectifs de recrutement local. Mais le passage de la promesse à l’emploi durable reste fragile.
Sur le Vieux Continent, certains sites ont déjà transformé l’hydrogène vert en activité industrielle tangible. En Norvège, Yara International exploite une unité alimentant la production d’ammoniac vert. En Allemagne, RWE a mis en service un électrolyseur destiné à des usages industriels et à la mobilité propre. Ces expériences prouvent que la filière peut générer des emplois qualifiés dans l’ingénierie, la maintenance et la logistique, dès lors que l’écosystème est structuré.
En Afrique, l’obstacle principal reste le manque de compétences. L’Organisation de coopération et de développement économiques souligne que la demande en profils techniques progresse plus vite que l’offre de formation. Résultat : de nombreux projets doivent encore recourir à une expertise étrangère. Certaines entreprises tentent d’inverser la tendance en misant sur la formation locale, avec l’appui d’ONG et de financements concessionnels. Des témoignages relayés par Reuters montrent qu’un ancrage territorial de ces projets est possible, à condition d’investir durablement dans le capital humain.



