Uranium d’Arlit : Paris revendicateur, Niamey stoïque
La nationalisation il y a peu de la Somaïr, a davantage plombé les rapports pas déjà au beau fixe entre la France et le Niger. Dans cette bataille qui concerne un stock d’uranium revendiqué par Orano. Le gouvernement renforce sa position et expose la mesure qui fait foi dans la répartition des volumes produits avant et après la reprise du site d’Arlit par le pouvoir actuel.

Dans une sortie diffusée sur les antennes de la télévision nationale nigérienne, le Président Abdourahamane Tiani a réaffirmé la position de l’État concernant le stock d’uranium de la Somaïr réclamé par le français Orano. Une intervention qui intervient dans un contexte où le prix spot de l’uranium est passé de 66 000 USD la tonne en janvier 2021 à plus de 180 000 USD la tonne fin 2025.
Selon le Chef de l’État nigérien, la part correspondant à l’ancienne participation du français Orano dans l’entreprise désormais nationalisée, ne peut être calculée que sur un volume d’environ 156 tonnes extrait avant la prise de contrôle effective du site par les autorités du Niger. « La France a ses 63,4 % de 156.231 tonnes. S’ils veulent demain qu’on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer ça, parce qu’ils étaient là au moment où ça a été produit. Mais tout ce qui a été produit par la suite est nigérien. Et restera nigérien, Inch’Allah », a-t-il déclaré d’un ton ferme.
Une guerre de chiffres
Le site d’Arlit a été octroyé au français Orano en 1968, ce pour 75 ans et sur environ 360 km². La concession engagée constituait jusqu’ici un droit d’exploitation conditionné et non une cession de propriété du sous-sol, car ce dernier restant un attribut souverain de l’État. Un rapport du gouvernement nigérien sur les activités de l’entreprise française révèle un déséquilibre historique dans la commercialisation de l’uranium nigérien.
Sur la foi des données communiquées, la part commercialisée par l’opérateur français sur plus de 50 ans aurait dépassé sa participation au capital. Niamey évoque une production totale de plus de 80 000 tonnes sur la période 1971 – 2024 et estime que la part effectivement captée par l’État ne reflétait pas sa participation au capital.
De plus, bien avant la mise en demeure adressée à Orano Mining en septembre 2025, pour non-paiement de redevances liées à la concession. Les autorités de Niamey confient avoir injecté des financements publics pour maintenir l’activité sur le site de d’Arlit après juillet 2023. Des investissements qui se chiffreraient à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Dans la même veine, le gouvernement affirme qu’environ 2000 tonnes auraient été extraites depuis la reprise de la Somaïr par des soins, des volumes sur lesquels Orano ne devrait disposer d’aucun droit.
Une position que conteste le groupe français. Celui-ci a d’ailleurs engagé des procédures devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).



