Urbanisation : Le Cameroun accélère la transformation de ses villes avec l’appui de la Banque mondiale
En mission au Cameroun du 9 au 18 mars 2026, une délégation de la Banque mondiale évalue et renforce le Projet Villes et Gestion Foncière Durable (PVGFD). Doté de 200 millions de dollars, ce programme ambitionne de moderniser en profondeur la gestion urbaine et foncière à Yaoundé et Douala.

Le Cameroun poursuit sa marche vers une urbanisation mieux maîtrisée. Dans ce contexte, une mission technique de la Banque mondiale a séjourné dans le pays afin de faire le point sur la mise en œuvre du Projet Villes et Gestion Foncière Durable (PVGFD). Reçue le 17 mars 2026 par le ministre de l’Habitat et du Développement urbain, cette délégation entend insuffler une nouvelle dynamique à ce chantier structurant inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2030. Financé à hauteur de 200 millions de dollars par l’Association internationale de développement, le PVGFD se positionne comme un levier majeur pour répondre aux défis urbains croissants, notamment dans les métropoles de Yaoundé et Douala.
Une large part du financement, soit 170 millions de dollars, est consacrée à la réalisation d’infrastructures urbaines. À Douala, plusieurs projets de voirie sont en cours, dont l’aménagement de la rocade reliant Bonamoussadi à Beedi, ainsi que des axes stratégiques autour du marché Madagascar. En parallèle, près de 10 kilomètres de drains seront aménagés pour limiter les inondations récurrentes. À Yaoundé, ce sont environ 13 kilomètres de routes qui seront construits ou réhabilités. Les travaux concernent notamment la boucle de Nkolbikok, des axes à Mimboman et plusieurs voies secondaires destinées à fluidifier la circulation dans des quartiers fortement congestionnés. Ces interventions visent à améliorer la mobilité tout en renforçant la résilience des villes face aux aléas climatiques.
Au-delà des infrastructures, le PVGFD introduit une innovation majeure : la modernisation de la gestion foncière. Le projet prévoit la numérisation de 200 000 dossiers à Yaoundé et Douala, une avancée destinée à améliorer la transparence et à réduire les conflits liés à la propriété. Il expérimente également un certificat de possession des droits fonciers coutumiers et accompagne la mise en œuvre de la législation sur la copropriété. L’objectif est double : sécuriser les occupants et créer un environnement plus attractif pour les investisseurs.
Le programme s’inscrit dans une logique de complémentarité avec d’autres initiatives urbaines telles que Cœurs de Ville ou encore le Projet de mobilité urbaine de Douala. Une plateforme de coordination a été mise en place pour harmoniser les interventions et maximiser l’impact des investissements. Autre innovation notable : l’accent mis sur la maintenance. Un dispositif pilote prévoit d’accompagner les collectivités locales dans l’entretien des infrastructures, afin d’éviter leur dégradation rapide. Cette approche vise à instaurer une véritable culture de gestion durable des équipements publics.
En combinant aménagement urbain, réforme foncière et innovation numérique, le PVGFD dessine les contours d’un nouveau modèle de développement pour les villes camerounaises. Plus qu’un simple programme d’investissements, il propose une transformation en profondeur de la gouvernance urbaine. À terme, les autorités ambitionnent de bâtir des villes plus inclusives, résilientes et adaptées à la croissance démographique. Un pari d’envergure qui pourrait redéfinir durablement le paysage urbain du Cameroun.



