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Transition écologique : Le Cameroun enclenche ses projets pilotes avec la CAFI pour verdir l’économie

Réunis à Yaoundé, autorités publiques et partenaires techniques ont donné le coup d’envoi opérationnel du partenariat entre le Cameroun et l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale. Quatre projets structurants entrent en action pour concilier croissance économique, protection des forêts et sécurité alimentaire.

Le Gouvernement du Cameroun a officiellement lancé la phase pilote de son partenariat avec l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI), scellé par une Lettre d’intention signée en 2024 à Hambourg. Ce cadre de coopération prévoit un appui financier massif à l’horizon 2035 afin d’accompagner la transition vers une économie verte. L’objectif est clair : rendre compétitives les chaînes de valeur agricoles, forestières et minières, tout en freinant la déforestation et en améliorant les conditions de vie des populations rurales.

La phase de démarrage repose sur un ensemble de projets complémentaires. Le Projet d’appui à la coordination intersectorielle et multi-niveaux (PCIM) joue le rôle de chef d’orchestre, en harmonisant les politiques publiques et la programmation des actions CAFI. Le Projet pilote d’appui à l’intensification durable de l’agriculture et à la transition agroécologique (PAIDATA) s’attaque directement aux pratiques agricoles, avec l’ambition d’augmenter les rendements sans étendre les surfaces cultivées.

À l’échelle territoriale, le Projet de gestion intégrée du paysage du Grand Mbam (PGIP-GM) teste une approche combinant protection des forêts, activités génératrices de revenus et paiements pour services environnementaux. Enfin, le Projet de renforcement des capacités en matière d’aménagement du territoire (PRCAT) apporte des outils de planification pour orienter durablement l’occupation des sols.

Présidant la cérémonie, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, point focal institutionnel de CAFI, a rappelé que ces initiatives s’inscrivent dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Cette feuille de route décline la Vision à l’horizon 2035 impulsée par le chef de l’État, Paul Biya. Pour le gouvernement, il s’agit de démontrer qu’un modèle économique fondé sur la durabilité peut générer croissance, emplois et résilience face aux changements climatiques.

La rencontre a réuni ministères sectoriels, partenaires techniques et financiers, diplomates, élus locaux, chercheurs, organisations de la société civile et représentants des communautés. Cette diversité reflète l’esprit du partenariat, conçu comme un chantier collectif où chaque acteur détient une pièce du puzzle. Les autorités ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance concertée, condition pour assurer la cohérence entre réformes institutionnelles, projets de terrain et financements internationaux.

Au-delà des discours, l’entrée en phase active des projets pilotes marque un tournant. Les expérimentations prévues doivent produire des résultats mesurables en matière de réduction de la déforestation, d’amélioration des revenus agricoles et de planification territoriale. À terme, ces actions serviront de tremplin pour un passage à l’échelle nationale. Le pari est audacieux : transformer la richesse forestière en moteur de développement durable, et faire de la transition écologique un levier de compétitivité. En lançant ces projets, le Cameroun pose ainsi les fondations d’un modèle où la forêt n’est plus un capital à épuiser, mais une promesse à cultiver.

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