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Énergie : Le gazoduc transsaharien franchit un cap décisif vers sa construction

Après des années d’attente et de reports, le projet de gazoduc transsaharien entre dans une phase concrète. La validation récente de ses paramètres techniques et sécuritaires relance l’espoir d’un vaste corridor énergétique reliant le Nigeria à la Méditerranée via le Niger et l’Algérie.

Le projet de gazoduc transsaharien, souvent présenté comme l’un des plus ambitieux d’Afrique, vient de franchir une étape déterminante avec la confirmation de sa faisabilité technique. Selon plusieurs experts, les caractéristiques du tracé ne posent pas de défis d’ingénierie majeurs par rapport à d’autres pipelines terrestres existants. L’ouvrage, en grande partie enfoui, ne laisserait apparaître en surface que les stations de compression, réduisant ainsi les risques liés à la sécurité et à la surveillance. Les inquiétudes liées à la traversée de zones sahéliennes sensibles sont jugées exagérées par certains spécialistes, qui estiment que les solutions techniques prévues permettent de limiter l’exposition du réseau aux menaces extérieures.

Le futur gazoduc doit relier les réserves gazières du Nigeria aux infrastructures d’exportation déjà opérationnelles en Algérie, en passant par le Niger. Long de plus de 4 000 kilomètres, il devrait transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Cette capacité en ferait un axe stratégique pour l’approvisionnement énergétique de l’Europe et un levier de diversification économique pour les pays traversés.

Conçu au début des années 2000, le projet avait été formalisé en 2009 par un accord entre la compagnie nigériane NNPC Ltd, l’algérienne Sonatrach et la société publique nigérienne SONIDEP. Après une longue période d’hibernation, un protocole d’accord signé en 2022 à Abuja par les ministres de l’Énergie des trois pays a permis d’actualiser les études techniques et financières. De nouveaux engagements pris en 2025 ont ensuite ouvert la voie à une mise à jour complète de l’étude de faisabilité, jugée désormais conforme aux standards internationaux.

Récemment, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a indiqué que le lancement des travaux pourrait intervenir peu après le mois de Ramadan. Le coût du projet est estimé à environ 13 milliards de dollars, un montant qui nécessitera un montage financier impliquant États, compagnies publiques et partenaires privés.

Au-delà de sa dimension technique, le gazoduc transsaharien symbolise une volonté d’intégration énergétique entre le Nigeria, le Niger et l’Algérie, trois pays aux rôles clés dans la géopolitique du gaz africain. Pour l’Afrique de l’Ouest, il s’agit d’une opportunité de valoriser ses ressources naturelles. Pour l’Algérie, le projet renforcerait sa position de plateforme d’exportation vers l’Europe.

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